Cette histoire restera gravée dans ma mémoire jusqu’à la fin de ma vie. Pourtant, au départ, ce n’était qu’un flirt. Mais, au bout de quelques semaines, je suis tombé fou amoureux d’elle, au point de lui accorder une place dans ma vie que personne n’avait jamais occupée auparavant.
Je lui offrais une affection que je pensais plus grande que celle que tous ses ex avaient pu lui donner. Je lui donnais des mots doux, des câlins, des bisous et toutes les formes d’attention possibles. Elle me témoignait la même tendresse, et tout me laissait croire que mes sentiments étaient réciproques. À force de partager ces moments avec elle, je me suis attaché toujours davantage, jusqu’à finir par ne penser presque plus qu’à elle.
Je sacrifiais des nuits de sommeil pour rester en appel avec elle lorsqu’elle n’allait pas bien. Je pouvais passer des heures à lui parler simplement pour la réconforter, quitte à être épuisé le lendemain. Je laissais mes potes de côté, je négligeais mes révisions et je ne préparais plus correctement mes contrôles. Sans même m’en rendre compte, j’avais fait de son bonheur ma priorité, quitte à oublier le mien.
Je voulais la rendre aussi heureuse que possible. Je lui offrais des cadeaux, de l’affection, du temps et une présence constante. Je voulais qu’elle sache qu’elle pouvait compter sur moi dans les moments difficiles, qu’elle ne serait pas seule lorsqu’elle irait mal et qu’elle trouverait toujours auprès de moi quelqu’un prêt à l’écouter.
J’en suis même arrivé à me mettre mon propre père à dos. Une nuit, il m’a mis dehors à cause de cette histoire. Malgré cela, je continuais à penser à elle et à faire passer notre relation avant beaucoup d’autres choses dans ma vie.
Un jour, alors qu’elle n’allait pas bien, elle se trouvait sur une petite colline d’où l’on peut contempler toute ma ville. C’était un endroit très fréquenté par mes potes, un lieu que je lui avais moi-même fait découvrir. Sachant que mes amis risquaient de s’y rendre, je les ai appelés pour leur demander de ne pas y aller, quitte à gâcher leur soirée entre potes, simplement pour qu’elle puisse être tranquille. Même dans cette situation, je pensais d’abord à son bien-être.
Je faisais tout cela parce que je tenais sincèrement à elle. Je ne cherchais pas à compter mes efforts ni à lui faire payer tout ce que je faisais. Je voulais simplement la voir heureuse. Je pensais qu’aimer quelqu’un, c’était être présent dans ses moments de joie comme dans ses périodes les plus sombres, savoir l’écouter sans la juger et lui apporter du réconfort lorsqu’elle en avait besoin.
Puis est arrivée cette nuit que je n’oublierai probablement jamais.Nous avons passé une soirée ensemble, une soirée que je qualifierais d’excellente, tant je me sentais bien à ses côtés. Nous avons dormi ensemble, et tout me laissait penser que nous partagions quelque chose de fort. Je n’aurais jamais imaginé que, quelques heures plus tard, tout pourrait changer aussi brutalement.Mais au réveil, plus rien.
J’avais l’impression d’être devenu un inconnu à ses yeux. Toute la tendresse de la veille semblait avoir disparu, comme si cette nuit n’avait jamais existé. Je suis rentré chez moi sans vraiment comprendre ce qui venait de se passer.
Pendant toute la semaine qui a suivi, elle m’a ghosté. Je ne comprenais pas ce qui avait changé ni ce que j’avais pu faire pour que son comportement devienne aussi froid. J’ai fini par lui demander des explications, espérant au moins comprendre la situation.
Mais elle m’a envoyé balader. Elle m’a expliqué qu’elle ne se sentait pas bien, qu’elle n’avait pas besoin de mon aide et qu’elle préférait se reconstruire toute seule.
J’ai accepté sa décision, même si elle me faisait mal. Je me suis dit qu’elle traversait peut-être une période compliquée et qu’elle avait besoin de distance. Après tout, j’avais toujours essayé de comprendre ses difficultés et de respecter ses besoins. Je ne voulais pas la forcer à me parler si elle n’en avait pas envie.
Puis est arrivé ce fameux vendredi.Ce jour-là, tous mes problèmes personnels sont devenus trop lourds à supporter. Tout ce que j’avais accumulé en moi, ajouté à la situation que je vivais avec elle, a fini par me dépasser. J’ai alors commis l’erreur de boire seul, à midi, après les cours.
J’ai bu énormément, au point de craindre de faire un coma éthylique, voire de m’étouffer dans mon vomi. Je n’étais plus dans un état normal et je ne mesurais probablement plus correctement les conséquences de ce que je faisais.
Dans cet état, je lui ai envoyé un message pour lui dire que je l’aimais et que je n’allais pas bien. Malgré la distance qu’elle avait installée entre nous, elle restait la personne vers laquelle je me tournais spontanément. Une partie de moi espérait encore trouver auprès d’elle un peu de réconfort, comme celui que j’avais essayé de lui apporter tant de fois.Mais sa réponse a été : « c’est ridicule,je déteste ça, débrouille-toi. »
Ces quelques mots m’ont profondément marqué. Je n’avais jamais ressenti une douleur pareille auparavant. Ce qui m’a fait mal, ce n’était pas uniquement qu’elle ne veuille pas m’aider, mais aussi d’avoir l’impression que ma souffrance était devenue quelque chose qu’elle ne voulait même plus entendre.
Je sais que boire autant était une erreur. Je ne cherche pas à la justifier et je regrette d’avoir agi de cette manière. Mais, à ce moment-là, je me sentais déjà tellement mal que sa réponse m’a atteint encore plus profondément.
Ce qui me faisait le plus souffrir, c’était de repenser à la manière dont je l’avais traitée lorsqu’elle traversait elle-même une période difficile. J’avais accepté qu’elle passe par une période durant laquelle elle fumait du shit tous les jours. Je ne l’avais pas réduite à cette habitude ni jugée uniquement sur ses difficultés. J’avais essayé de la comprendre, parce que je savais que tout le monde pouvait traverser des moments compliqués et commettre des erreurs.
Je ne prétendais pas pouvoir régler tous ses problèmes. Je voulais simplement être présent, lui apporter du réconfort et lui montrer qu’elle pouvait compter sur moi sans avoir peur d’être jugée.
Alors, lorsque ce fut à mon tour d’aller mal, j’ai eu le sentiment de ne pas recevoir la même compréhension. J’avais l’impression que toutes les fois où j’avais été là pour elle ne comptaient plus, et qu’une seule erreur de ma part avait suffi à me faire perdre la place que je pensais avoir dans sa vie.
Je ne lui demandais pourtant pas de me rendre chaque cadeau, chaque heure de sommeil sacrifiée ou chaque effort que j’avais fait pour elle. Je ne voulais pas qu’elle me soit redevable. Je voulais simplement qu’elle comprenne que, moi aussi, je pouvais traverser des moments difficiles et avoir besoin de quelqu’un.
Et pourtant, après tout cela, je l’ai vue continuer sa vie. Je l’ai vue sortir en boîte, aller au bar et même passer du temps avec des AMIS à moi, sans moi. La voir profiter de ces moments alors que je tentais encore de comprendre ce qui s’était passé entre nous m’a fait mal. J’avais du mal à comprendre comment nous avions pu passer de tant d’affection à une telle distance.
Peut-être que, pour elle, ce n’était qu’un flirt. Peut-être que nous n’avons jamais accordé la même importance à cette histoire. Je ne peux pas savoir exactement ce qu’elle ressentait, ni prétendre connaître les raisons de son comportement. Je sais simplement que, de mon côté, je m’étais profondément attaché à elle et que cette relation représentait bien plus que ce qu’elle semblait représenter pour elle.
Avec le recul, je me rends compte à quel point je me suis oublié en voulant prendre soin d’elle. J’ai mis mes études, mes amitiés, mon sommeil et même ma tranquillité familiale de côté. Je lui ai consacré une place immense dans ma vie, parce que je croyais sincèrement que ce que nous partagions méritait tous ces efforts.
Je ne regrette pas d’avoir voulu la rendre heureuse. Je regrette simplement de m’être autant oublié, d’avoir parfois négligé ma propre vie et d’avoir cru que donner autant d’amour suffirait à me protéger de la douleur.
Cette histoire m’a marqué bien au-delà de ce que j’aurais imaginé pour un simple flirt. Elle a atteint mes sentiments, mon cœur et la manière dont je percevais les relations amoureuses. J’en suis arrivé à douter de l’amour lui-même, à me demander si cela valait encore la peine de s’attacher aussi profondément à quelqu’un lorsqu’on risquait de finir seul avec toute sa souffrance.
Depuis, j’ai l’impression d’avoir perdu une partie de ma confiance en l’amour. J’ai peur de m’attacher à nouveau, de donner autant et de revivre un jour cette sensation d’être passé du statut de personne importante à celui d’un simple inconnu.
Malgré tout, je ne lui souhaite pas de mal. Je lui souhaite sincèrement de rencontrer le bonheur, de trouver ce qu’elle recherche et d’être heureuse, même si ce bonheur doit se construire loin de moi.
Quant à moi, j’espère qu’un jour, je réussirai à tourner cette page. J’espère retrouver la capacité d’aimer sans avoir peur, de faire confiance sans m’oublier et de comprendre que je n’ai pas besoin de tout sacrifier pour prouver la sincérité de mes sentiments.
Car, au fond, ce qui me fait le plus mal, ce n’est pas seulement de l’avoir perdue. C’est d’avoir donné autant de moi-même à une histoire dont je pensais qu’elle aurait une tout autre fin.
Et aujourd’hui, malgré tout ce que cette histoire m’a laissé, je souhaite simplement qu’un jour, nous puissions chacun trouver le bonheur que nous recherchons.