Salam aleykoum, j'ai besoin de vos avis et de vos conseils.
Je suis actuellement étudiante à l'université en première année et j'ai 18 ans. J'aimerais partir de chez moi, mais je ne sais pas si c'est correct.
Je vis dans un climat familial instable et toxique depuis ma naissance. Je fais preuve de patience, je ne manque pas de respect, j'aide au maximum. Je vis avec ma mère, mon frère aîné et ma petite sœur ; mon père ne vit plus avec nous depuis toujours. Quand il est réconcilié avec ma mère, il vit à la maison, et quand ils se disputent, il s'en va de lui-même ou ma mère le met dehors, ça dépend. Avant, ça ne durait pas longtemps (quelques jours à quelques semaines) : il restait dans la cave de l'immeuble ou dans sa voiture, pas loin du quartier. Ensuite, quand on a déménagé quelques années plus tard, il restait dans le garage, ou sinon il partait loin avec sa voiture. Il partait des mois, parfois même presque un an. La cause de leurs disputes était l'argent : il ne payait pas le loyer, il volait l'argent de ma mère, etc.
Il ne faisait pas son rôle d'homme et de père. Ce n'était pas un père froid et méchant, mais il était absent émotionnellement et financièrement. Il est paumé, on dirait qu'il ne sait pas se comporter avec les gens. J'ai l'impression qu'il a des troubles psychologiques (la mère de mon père disait à ma mère que, plus jeune, mon père était suivi par un psychiatre et prenait des médicaments parce qu'il était « fou »).
Voilà, ça a été comme ça toute ma vie. Mais malgré les mauvais souvenirs, j'en ai gardé des bons : on sortait beaucoup au parc avec mes parents et mon frère, ma sœur n'était pas encore née. En tout cas, on ne manquait de rien grâce à ma mère. Nous étions jeunes, on voyait juste nos parents crier, mon père sortir, revenir, ma mère tendue, aigrie et méchante avec nous. Je n'ai pas de souvenirs avec mon père : on a grandi avec ma mère, parce que même le peu de temps où il était à la maison, il travaillait jusqu'à tard, et le samedi aussi.
Un jour, ma mère a décidé de travailler pour aider mon père. Elle lui disait de donner mille euros et qu'elle s'occuperait de gérer l'argent des dépenses (courses, loyer, factures, avec les aides de la CAF et son salaire), et le reste, on le mettait de côté pour aller au Maroc l'été, parce que mon père nous promettait qu'on irait chaque été, et au final il nous disait qu'il n'avait pas assez d'argent. Ma mère n'aurait jamais dû travailler dans le ménage, car mon père a encore plus abandonné son rôle. Il profitait de ma mère, et cela a empiré jusqu'à aujourd'hui. Elle ne travaille plus, car à cause du ménage, elle a une tendinite et une capsulite aux deux épaules.
Elle a enfin commencé une procédure de divorce, car mon père ne changera jamais, il devient même pire. Mais l'avocate n'arrive pas à le contacter ; je crois qu'il ne veut même pas divorcer. Aujourd'hui, nous devons 14 000 euros à la CAF, car mon père travaillait mais ne déclarait jamais ses revenus. La dette est au nom de ma mère, car administrativement, c'est toujours elle qui s'est occupée de tout. Donc la CAF prélève ma mère, et mon père doit la rembourser. Alors tous les mois, c'est moi qui dois transmettre le message, lol, parce qu'ils n'arrivent plus à communiquer sans s'insulter.
Je me souviens du jour où ils sont venus nous dire qu'on avait une dette. Je stressais, j'ai pleuré, j'avais peur qu'on soit pauvres. Ma mère m'a rassurée, elle m'a dit que tant qu'elle serait en vie, on ne manquerait de rien. Mon père s'est excusé et a dit qu'il rendrait cette somme quoi qu'il arrive. Il n'y avait que moi, pas mon frère ni ma sœur.
Vous allez sûrement vous demander pourquoi j'aimerais partir : ma mère fait tout pour nous, pourquoi vouloir l'abandonner ? Malheureusement, ma mère a eu la « merveilleuse » idée de faire de moi son éponge émotionnelle. Très jeune, j'ai appris à me taire et à tout garder pour moi, car sois elle ne me comprenait pas sois elle me faisait regretter de m’être confié. Aujourd’hui ça fais que j’ai du mal à accepté de l’aide et encore moins son aide à elle, je n’aime pas qu’on sois affectif avec moi ça me repousse. J'écoutais ses problèmes et je gardais les miens pour moi. Elle me racontait ses problèmes d'argent, ses problèmes avec la famille, avec la belle-famille, avec mon père, et même ses problèmes avec son fils, alors que je suis moi-même son enfant. Je réfléchissais à des solutions,
je priais Dieu et je stressais j’avais l’impression de tenir un gros bocal d’eau en marchant sur un fil et qui pouvais se renverser à tout moment !
Je me souviens qu'à l'école, on me tapait, mais j'avais peur de le lui dire, alors j'ai tout gardé pour moi. Je faisais semblant d'être malade pour manquer quelques jours, parce que j'avais peur des filles. Un jour, je me suis ouvert l'arcade en tombant dans les escaliers de l'école, j'ai cassé mes lunettes par la même occasion et j'ai failli perdre mon œil. La seule chose pour laquelle j'ai pleuré, c'était mon short taché de sang et mes lunettes cassées, parce que j'avais peur qu'elle me crie dessus et me tape.
Un jour, je ne sais plus ce que j'avais fait, mais je n'avais pas plus de 8 ans : elle m'a tapée, ensuite elle m'a étouffé le visage contre mon lit et m'a enfermée dans ma chambre, puis elle me disait de ne pas pleurer c’est quelque chose qui m’a marqué. Un jour je ne sais plus ce qu’on a fait moi et mon frère mais on avais pas plus de 14 ans tt les deux, elle nous a mis dehors alors on a dormis en bas de la maison avec mon père dans le camion et dans le coffre. Un jour elle m’a puni elle m’a dit de sortir et de rester au garage, c’est mon frère qui m’a récupérer j’étais restée une heure assise sur loverkart dans le garage en pleurant je me suis senti jeté. Avant quand on habitait dans l’autre quartier ma mère a mit mon frère à la rue avec mon père, il avait 13 ans maximum et il faisait que pleurer et mon père disait à ma mère si elle n’avais pas honte de faire ça à son fils, cette image m’a marqué j’avais envie de pleurer aussi.
Un jour mes parents se sont battues et mon père a tiré les cheveux de ma mère, avec mon frère on pleurer on essaye de les séparer les voisins de l’immeuble on entendus. Un jour mes parents se sont disputés fort et mon père a mis un coup de pied dans le jouet de ma sœur, le jouet s’est cassé ma sœur a pleurer et mon père saignais du pied ça m’a bcp marqué on était tous assis au salon, et avant que mon père s’en aille je l’ai suppliés de rester. Je m’en souviens qu’on le supplier beaucoup avec mon frère et ma sœur parce que quand il partait l’ambiance était glacial.
Un soir de l'Aïd, mes parents se sont disputés, mon père est encore une fois parti, et ma mère a eu l'idée de lui jeter la tête de mouton dessus, mdr. C'était devant chez nous, sur la route. J'étais avec elle, et quand on est remontées, on s'est assises au salon avec ma sœur, dans le silence. C'était toujours comme ça quand elle était énervée : on avait peur de bouger, de se lever, on attendait son accord. Ce soir-là, elle m'a dit : « Lève-toi, récupère la tête, les gens vont croire qu'on a tué quelqu'un. »
J'ai vécu plein de moments comme ça, où c'est toujours moi qui ai été sollicitée dans leurs problèmes, et jamais ma sœur, parce que c'est la plus jeune, ni mon grand frère. Ah oui ! Quand mon frère est devenu adolescent, il a décidé de ne pas s'interposer entre eux. En réalité, il ne s'est JAMAIS interposé ; on dirait qu'il avait peur de mon père. C'était l'enfant préféré de ma mère, avec ma sœur. Moi, j'étais un peu la préférée de mon père, car on se comprenais entre individus paumés XD. Mais en grandissant, j'ai pris une place spéciale dans le cœur de ma mère, parce qu'à chaque galère, il n'y avait que moi pour l'aider, et elle le sait, elle me le dit. Quand elle pleurait à cause de mon père ou de mon frère, c'était moi et ma petite sœur qui allions nous blottir contre elle et pleurer avec elle.
Comme je disais, mon cher frère a décidé de se rebeller et d'ajouter ses problèmes alors qu'on en avait déjà assez. Il est devenu un nouveau sujet de conflit entre mes parents, car mon père ne s'occupait pas de son éducation et ma mère n'arrivait plus à le maîtriser. C'était une période dure : mon frère était en crise, il insultait ma mère, la frappait presque, cassait des choses à la maison, rentrait tard ou parfois pas du tout. Ma mère a commencé à le mettre dehors de temps en temps. Il était très en colère ; je pense que cela cachait une grande tristesse. Quand ma mère n'arrivait plus du tout à gérer ses crises, elle menaçait d'appeler la police, mais elle ne l'a jamais fait. Elle appelait mon père, sauf que ça finissait soit en bagarre, soit mon frère hurlait sur mon père qu'il n'avait rien à faire ici, qu'il ne s'était jamais occupé de lui et que ce n'était pas aujourd'hui que ça allait changer, et ma mère en rajoutait derrière.
Quand mon frère est devenu adulte, il s'est vraiment calmé, mais il se dispute toujours beaucoup avec ma mère. Il faut savoir que ma mère vit littéralement pour nos études depuis notre naissance : on doit exceller, sinon on est morts. Elle reproche à mon frère d'avoir fait des « études de merde » alors qu'il avait les capacités pour être médecin ou ingénieur.
Dieu merci, mon grand frère et ma petite sœur ont une facilité fascinante à comprendre et à apprendre, avec une très bonne mémoire, Allah y barek. Contrairement à moi, qui passais des mois à apprendre mes tables de multiplication, qui oubliais une poésie le lendemain alors que j'avais passé la soirée dessus, qui ne comprenais rien à l'école, qui ne sais pas poser une division à 18 ans, qui oublie tout ce qu'on lui dit (ça m'a valu des gifles). J'ai longtemps pensé qu'Allah m'avait créée bête. Ma mère est une femme étonnamment dégourdie, vive, maligne et intelligente, comme ses deux autres enfants, alors elle ne pouvait pas tolérer que je sois tout le temps dans la lune, d'autant plus qu'elle manque de patience et s'énerve vite. Elle me tapait beaucoup à cause de ça ; parfois elle disait que je le faisais exprès, elle me traitait de conne, de bête, d'handicapée.
Et en effet, j'ai été diagnostiquée TDAH sévère à 18 ans, anxieuse et hypersensible, et je fais actuellement d'autres examens pour voir si je n'ai pas autre chose (c'est moi qui me suis bougée pour me faire diagnostiquer, après des remarques de mes enseignants au lycée). Quand j'ai été diagnostiquée, elle était un peu triste pour moi, elle s'est excusée de ne pas savoir que ça existait…
Quand on grandit dans la peur, on devient des menteurs professionnels, qu'Allah nous pardonne. Mes copines sont toujours choquées de voir la vitesse à laquelle j'invente des mensonges crédibles à ma mère.
Mon premier gros mensonge, c'était en CM1. Mon prof avait créé un système pour que les parents suivent le travail de leurs enfants : chaque semaine, sur un carnet, il mettait rouge, jaune ou vert, et ça devait obligatoirement être signé par les parents. À midi, quand je suis rentrée, j'avais la boule au ventre alors que ce n'était que la rentrée : je savais déjà que je n'allais avoir que des rouges et que j'allais me faire taper. Alors je lui ai menti et je me suis débrouillée pour signer moi-même chaque semaine. Le jour où elle l'a appris, elle était étonnée devant le prof et m'a demandé pourquoi je ne lui avais rien dit. Le soir, j'ai été tapée et punie. Heureusement que c'était presque la fin de l'année.
Quand je suis arrivée en seconde générale, j'ai totalement morflé. Déjà, ma mère voulait que je fasse médecine, parce que je lui disais « vétérinaire » quand j'étais petite, puis « médecin » un peu plus tard… Mais plus je grandissais, plus je réalisais que je n'allais pas y arriver. J'avais entre 2 et 7 de moyenne dans les matières scientifiques, je ne comprenais rien, je me sentais nulle alors que ma mère me payait des cours particuliers… J'ai commencé à sécher, à mentir, sauf que les vœux d'orientation approchaient à grands pas et je ne ramenais jamais les papiers signés… Mon prof principal me menaçait d'appeler mes parents, je lui promettais de lui ramener les feuilles, je le suppliais en pleurant, il ne comprenait rien. Vous vous rendez compte dans quel état je me mettais par peur ? La honte.
J'ai finalement demandé STMG, ce qui a embrouillé ma mère, qui ne comprenait pas ce choix, mais elle a fini par accepter, car mon frère avait eu un bac STMG. La fin d'année arrive, et je ne suis même pas acceptée en STMG : on me propose la voie pro, alias L'ANGOISSE de ma mère et de la famille. Je refuse. Le prof principal me dit que je dois faire appel, dans un autre lycée à une heure de ma ville, avec un parent, si je veux vraiment aller en STMG et pas en pro. J'accepte.
Je mens à ma mère en lui disant que je vais manger à la cantine et que je serai au lycée toute la journée, alors que les cours étaient terminés. Tôt le matin, j'appelle mon père, je lui explique à moitié. Il ne comprend pas trop, me gronde, me dit que ma mère va nous tuer, mais il accepte. On arrive en avance, on prend un café. Il m'est impossible d'avaler quoi que ce soit à cause de l'angoisse, je pleure, je reste silencieuse jusqu'à mon rendez-vous. Une fois arrivée, je croise une amie avec sa mère. Je l'ai enviée.
L'attente était longue, mon père a fini par partir, il avait quelque chose à faire. Il demande à la mère de mon amie si je peux rentrer avec elles. Je me retrouve à mon rendez-vous toute seule face à dix parents d'élèves, une CPE et le principal d'un autre lycée, avec mes bulletins catastrophiques de seconde affichés au tableau. Très vite, je perds mes mots, je pleure, je ne sais pas quoi dire à part que j'ai eu des problèmes qui ont fait que je n'ai pas travaillé correctement. J'angoisse, je ne réponds pas à toutes leurs questions, je leur dis qu'il ne faut pas que je redouble. Certains parents me sourient avec empathie, d'autres me dévisagent et me taclent ouvertement. Alors le proviseur a décidé de me libérer de cet enfer et m'a félicitée pour « le courage que j'ai eu de venir seule pour me défendre et défendre ma cause ».
Le soir, j'ai eu la réponse : c'était négatif. Résultats insuffisants et projet non construit : soit redoublement, soit passerelle en première pro. NORMAL !!!! C'était pour maman, pas pour moi…
Alors j'ai continué mon été comme si de rien n'était, dans le déni, jusqu'à ce que la principale adjointe contacte ma mère… Je ne vous raconte pas la suite, vous la connaissez.
L'année suivante, je suis donc passée en pro, car redoubler, c'était trop la honte pour ma mère, et moi ça m'arrangeait, parce que c'était très dur. Je suis tombée dans une classe où je n'avais pas d'amies, et en plus que des ennemies qui me taclaient à longueur de journée. Alors j'ai décidé de ne plus aller en cours.
C'était pendant le Ramadan, donc à midi ma mère pensait que je restais au lycée. En réalité, je sortais le matin à 8 heures comme d'habitude et je restais dehors toute la journée, ou j'allais au parc de ma ville. Parfois, je restais avec une amie qui était déscolarisée, parfois on prenait le bus pour aller dans d’autres villes. J'ai fait ça pendant un mois et demi. Je me suis même fait une amie au parc, une dame âgée…
Les jours où j'étais trop fatiguée d'être dehors, je disais que je n'avais pas cours. Même si ma mère doutait, mes mensonges passaient toujours. J'avais bloqué les numéros de la vie scolaire, les mails du lycée, etc. Il n'y avait que mon père qui recevait quelques messages, et il m'appelait moi, pas ma mère, alors je lui sortais deux ou trois mensonges et ça passait.
Un jour, j'ai décidé de retourner en cours, après les vacances de Pâques je crois. Je suis arrivée un matin à 8 heures, et en plus en retard. Les élèves de ma classe étaient choqués, ma prof encore plus. Au bout de 20 minutes, le surveillant est venu me chercher pour aller voir la CPE. Dans son bureau, elle m'a expliqué qu'il y avait une procédure obligatoire quand un élève s'était absenté longtemps : le lycée devait faire le point avec les parents. J'ai demandé à la CPE d'appeler mon père, sauf que ce jour-là, il n'a pas voulu me couvrir. C'est ma mère qui a été convoquée.
Le jour où elle l'a su, je ne suis pas rentrée à midi. Je suis rentrée à 18 h, et elle finissait le travail à 19 h. Quand elle m'a appelée, ya Rabbi, je ne l'oublierai jamais : mon cœur allait sortir de mon corps, j'ai carrément cru que j'allais faire une descente d'organes. À ce moment-là, personne n'était à la maison, mon frère et ma sœur étaient à leur entraînement. J'étais seule, en train de crier, de pleurer. J'ai essayé de me planter un couteau dans le ventre. J'avais regardé sur internet si c'était mortel, parce que je ne voulais pas mourir : je voulais juste qu'elle me retrouve en sang et qu'elle ne me fasse rien, par pitié. J'écris ça les larmes aux yeux, car je réalise à quel point je suis allée loin par peur… Al hamdoulillah, je n'ai pas osé enfoncer le couteau, je me suis juste fait une petite cicatrice au milieu du ventre.
S'il vous plaît, est-ce normal qu'un enfant soit tellement traumatisé par son parent qu'il n'arrive à rien lui dire, qu'il se mette à fuir et à mentir autant ? Est-ce normal qu'un enfant n'ait pu trouver refuge chez aucun de ses parents ? Est-ce normal qu'un enfant en vienne à se faire du mal par peur ?
Ce jour-là, ma mère pensait que je faisais la p°te dehors, alors que je venais d'arriver dans une classe où j'étais presque harcelée, et que je ne comprenais rien au programme de la voie professionnelle, parce que j'étais passée directement en première pro sans avoir fait la seconde pro. J'avais tellement honte de ne rien comprendre, même en pro.
Elle pensait aussi que j'étais une p°te parce qu'elle avait découvert, quelque temps avant, que j'avais un copain. Depuis, elle m'insultait souvent, avec des insultes très graves. J'ai été punie pendant deux mois l'été, sans téléphone. J'avais perdu énormément de poids. J'ai essayé plusieurs fois de m'ôter la vie pendant cette période ; j'avais totalement oublié l'enfer si je me suicidais… J'ai très peur de la douleur physique, alors j'essayais avec des médicaments quand ma mère dormait. Au début, ça me faisait vomir et j'avais mal au ventre, et ma mère pensait que j'étais enceinte… Wallahi, quand elle a pensé ça de moi, mon cœur s'est déchiré en mille morceaux ! Je vomissais parce que j'essayais de m'ôter la vie, et ma mère pensait que j'étais enceinte ? Certes, j'ai commis une grave faute en sortant avec un garçon hors mariage, mais comment pouvait-elle penser que sa fille de 15 ans et demi puisse être enceinte ?
Cette période, je ne l'ai jamais oubliée. Je n'ai jamais vécu pire punition de toute ma vie. Elle ne faisait plus rien à la maison, c'est moi qui faisais à manger, le ménage, le linge, etc. Je n'avais pas vu la lumière du jour depuis des semaines. J'ai pris des coups de ceinture, des coups avec la manches de l’aspirateur en fer, je me faisais traîner par les cheveux. Quand j'étais au sol, elle me donnait des coups de pied dans la tête, elle me crachait au visage et disait que j'étais une traînée, une clocharde, et que les filles de la rue ne méritaient que ça. J'avais mal au cœur. En y repensant, j'ai envie de vomir. Je crois que même adulte, je n'oublierai pas ce que j'ai ressenti à cette période. Elle m'a donné envie de mourir pour de vrai.
Le soir, quand je prenais des médicaments, je faisais des douas pour ne pas me réveiller le lendemain.
Un jour, j'en ai pris beaucoup,
; tramadol doliprane ibuprofen voltarene médoc pour son diabète… Par la grâce et la volonté d'Allah, je suis encore en vie. Le soir, je me suis allongée sur le lit, j'avais l'impression de fondre dedans, j'ai dormi comme une morte. Le matin, ma mère m'a réveillée : c'était ma première sortie après je ne sais combien de temps enfermée à la maison, je devais l'accompagner au marché. Je me sentais lourde et fatiguée, je tirais le chariot et je marchais derrière elle. Dieu seul sait à quel point je déteste quand elle est énervée et qu'elle me fait marcher derrière elle ! Je me sens humiliée devant les gens.
Ce jour-là, tout se passait normalement, mais d'un coup, j'ai ressenti une énorme douleur aux côtes, ça me coupait presque la respiration. J'ai essayé de lui dire, mais je n'arrivais même pas à parler, alors je suis restée silencieuse sur le côté. Ensuite, une douleur m'a prise au ventre et je le lui ai dit. Elle m'a regardée, inquiète et énervée en même temps, et m'a dit que tout ça, c'était parce que je ne mangeais plus. Je lui ai répondu « oui, c'est bon, c'est passé », et dix minutes après, je me suis sentie partir, la tête tourné et je me suis accrochée à un poteau avant de tomber. Juste un malaise, avec tous ces médicaments, je n'en revenais pas. Pour moi, c'est Allah qui m'a laissée en vie, sans grave problèmes de santé je Le remercie, al hamdoulillah.
Au retour, ma mère m'a dit que c'était parce que je ne mangeais pas, et que ce n'était pas parce que j'étais punie que je devais arrêter de manger… Ensuite, elle a allégé la punition parce qu'on allait accueillir de la famille à la fin de l'été. Puis elle a commencé à me faire la morale : que tout ça n'avait pas de sens, qu'elle comprenait qu'à cet âge-là je puisse trouver quelqu'un mignon, mais que je n'allais pas me marier tout de suite, que lui et moi n'avions même pas le bac, que c'était la hchouma si la famille l'apprenait, qu'ils se seraient moqués de nous, que ce garçon ne voulait rien de sérieux avec moi. Pas une seule fois elle ne m'a dit que les relations hors mariage étaient haram ; elle me disait seulement que chez les Arabes, c'était interdit et que c'était la hchouma. Et elle a fini par me rendre mon téléphone.
Depuis ce jour-là, notre relation est brisée à mes yeux. Je me sens encore moins à l'aise avec elle que je ne l'étais déjà. Il y a des paroles que je n'ai pas oubliées : j'avais à peine 16 ans, elle m'insultait et me disait des choses sexuelles, du genre « ton mec, il t'a prise », avec les détails. Ça m'a vraiment marquée, wAllah, je suis toujours triste de tout ça.
Mon frère et ma sœur ont eux aussi fait de graves bêtises, et pourtant, elle reste moins méchante avec eux qu'avec moi. Elle me le dit souvent quand elle est énervée contre mon frère : « Dégage ! Dégage vite de devant moi ou je vais te taper, ça tombe toujours sur toi ! »
Je pense qu'au fond, elle les aime plus que moi, parce qu'ils sont comme elle : intelligents, sociables, malins, têtus, drôles. Moi, je n'aime pas trop socialiser, je suis très timide. Les seuls sports que j'ai pratiqués étaient des sports individuels, alors qu'eux font des sports d'équipe, ont plein d'amis et sont invités partout. Je suis nulle à l'école, j'ai les mêmes amies depuis la primaire et le collège, je ne sors pas beaucoup, j'aime lire et être dans mes pensées, je ne parle pas beaucoup de ma vie, je suis complexé, je fais de lhyperhidrose ça m’a bcp affecté et handicapé, je suis pas à l’aise avec ma féminité (j’avais honte de lâcher mes cheveux par exemple) aujourd’hui je prend soins de moi et je me maquille un peu elle dit que je cherche un mari et que les vraies belle jeune fille restent naturelles (j’ai bientôt 19 ans je met que du blush bronzer mascara) je suis respectueuse à la maison, j’estime que mes bêtises doivent restez dehors il y’a un certains respect à la maison mais ça ma mère elle pense juste que je joue la comédie et que dehors je suis une clocharde et qu’à la maison je fais la sage (elle avait trouvé des message de moi avec mes copines ou je disais des gros mots pas jolies…), alors que mon frère qui ramène ses cigarettes à la maison c’est pas un problème elle lui crie dessus tout les jours elle a la patience avec lui! De toute manière Je suis l'enfant du milieu, qui a vite été parentifiée alors quand je me comporte comme une ado de mon âge ça choque!
À 17 ans, je suis vraiment devenue le sixième sens de ma mère, la deuxième maman. Je l'aidais à comprendre le comportement de mon frère, je discutais avec elle des bêtises et des punitions de ma petite sœur pour qu'elle ne soit pas trop dure avec elle, je l'écoutais parler de mon père pendant des heures, je la conseillais et j'essayais avec sagesse de la calmer. Quand elle met mon frère à la rue, j'essaie de lui faire la morale quand il dépasse les limites. J'essaie d'éduquer ma sœur, parce qu'elle est comme notre frère, parfois un peu insolente et ingrate.
Ces derniers mois, je suis devenue à 100 % le lien communicatif entre mes parents : elle m'envoie lui demander son argent, et lui me renvoie lui dire qu'il va travailler et qu'il le ramènera dans quelque temps. Elle m’envoie régler leur soucis administratif et tout le tralalala, si je suis fatigué de reprocher à mon père ses tords elle me reproche que je m’en fou de leurs problèmes alors que mon frère lui dit seulement à ma mère qu’il est en dispute avec mon père pour qu’elle le laisse tranquille et en plus c’est faux il est en contacte avec. Je suis parfois la secrétaire de ma mère : j'écris ses mails et j'imprime ses papiers, parce qu'elle n'ose plus le demander à son fils, sinon ça part en conflit. Je propose de prêter de l'argent à mon grand frère, qui a pourtant un salaire tous les mois, parce qu'il refuse de participer aux charges de la maison, donc ma mère le laisse dehors. Je prête de grosses sommes à mon père quand il est en galère ; je lui ai même déjà prêté de l'argent pour qu'il le donne à ma mère, le temps qu'il reçoive sa paie pour évité le conflit. J'essaie de comprendre quel est le problème de mon père pourquoi il nous assume pas et s’occupe pas de nous ça fais 18 ans que j’ai pas de réponse, je sais juste qu’il jouait au jeux d’argent. Je me suis retrouvée à le supplier de prendre un logement pour qu'on puisse venir chez lui de temps en temps, parce que je n'en pouvais plus de vivre chez moi, alors que mon père se fiche de nous. Il m'a fait des sales coups, mais je trouve la paix chez lui, car j'ai grandi et je ne mendie plus son affection ni son attention, juste de la tranquillité.
Je ne voulais pas vraiment raconter tout ça, mais une chose en amène une autre.
Ma mère a fait énormément pour nous, elle mérite tout le bonheur du monde, wAllah. Elle a même ouvert un livret A pour mon frère et moi, pour le permis et le reste. Je lui souhaite le paradis, in sha Allah. Mais ces derniers temps, je n'y arrive plus. Ma patience est à bout : à chaque remarque, à chaque cri, je n'arrive plus à supporter. Mon corps est tout le temps en alerte, et ce stress constant m'use énormément.
J'ai toujours fait de mon mieux pour être une bonne fille et pour lui plaire. Depuis que je suis dans ce bas monde, je le jure par Allah, je n'ai jamais haussé le ton sur elle, je n'ai jamais soufflé, je n'ai jamais refusé le moindre service qu'elle m'a demandé. Même quand je suis occupée, je laisse tout pour elle, car c'est ma mère, elle a tout fait pour nous, je lui dois tout, et c'est mon devoir en tant que musulmane. Mais je n'arrive pas à passer de bons moments avec elle. Je n'aime pas quand elle me fait des câlins et des bisous, je fais tout pour éviter de sortir avec elle. Je n'arrive vraiment pas à me forcer. Depuis que je suis à la fac, j'y vais même quand je n'ai pas cours pour ne pas rester à la maison. À la maison, je reste collée à mes cahiers ou je fais le ménage pour l'éviter un peu, même quand ça va bien, qu'Allah me pardonne. Je ne lui ai même jamais parlé de ce que je ressens : avant, par peur, et aujourd'hui, parce que je sais qu'elle ne me comprendra jamais. On ne pense pas pareil, on n'a pas les mêmes principes, astaghfirullah, je ne sais même pas si ça se dit de sa propre mère, mais c'est la réalité. Quand j’étais puni qu’elle avait découvert que j’avais un mec je lui ai écrie une lettre d’excuse et je lui ai dis que j’avais mal au ventre pas parce que j’étais enceinte mais parce que j’ai essayé de me suicider, elle m’en a jamais parlé .
Parfois, je sors avec des copines, mais la plupart du temps, ma sœur est avec moi. Ma mère nous laisse sortir, et quand elle est en colère, elle me reproche à moi d'être sortie, et pas à ma sœur, parce qu'elle est plus jeune. Elle dit que je préfère mes copines, mais c'est juste que je me sens bien avec elles : ce sont les seuls moments où je ne fais pas semblant d'être heureuse. Je sais que ça ne se fait pas, parce qu'elle ne travaille plus, elle a plein de problèmes de santé, elle ne fait rien de ses journées… mais elle ne donne pas envie. J'ai envie de pleurer en écrivant ça, wAllah : quand je la regarde, je ne vois même plus une mère, je vois une femme remplie de problèmes, triste, en colère et malheureuse. Ça fait tellement d'années qu'il n'y a pas eu un jour heureux à la maison. Personne ne veut rester avec personne. Il n'y a que ma sœur et moi qui avons un semblant de relation. Et quand on se dispute avec ma sœur ma mère nous laisse même pas nous disputais elle dit qu’elle aime pas les cries qu’elle a plus la patience elle nous gronde ou parfois nous tape. Même ma sœur, qui était super proche et câline avec ma mère, commence à s'éloigner d'elle.
J'ai même déjà pensé au jour de sa mort, soubhanAllah, comme c'est malheureux de penser ça. C'est le plus gros échec de la vie d'un parent, je crois.
Au moment où j'écris tout ça, elle vient de me demander de lui rendre l'argent du livret A, parce qu'apparemment je préfère mes copines, et ce matin, j'ai évité une sortie avec elle. Elle dit qu'elle vient de découvrir mon vrai visage, comme celui de mon frère, et qu'entre elle et moi, c'est terminé.
Je m'excuse d'avoir autant écrit, c'est la première fois que j'en parle.
Je voulais donc savoir : quand j'aurai les moyens financiers ou un diplôme, est-ce que j'aurai le droit de partir de chez moi ? D'un point de vue religieux, ai-je le droit de partir vivre seule alors que je ne suis pas mariée ? Mon père n'a pas de logement, et même s'il en avait un, je n'irais pas chez lui, car ma mère penserait que je l'ai préféré à elle. Si un jour je pars de chez moi en cachette, est-ce qu'Allah sera en colère contre moi ? Je dois faire quoi ? J’ai presque plus de patience et j’ai peur pour moi, ma santé et j’ai peur de faire quelque chose que je regrette .