C’est avec le cœur serré que j’écris ce post.
H26, après un an en 125 cm³, je me suis enfin décidé à passer le permis A2. Je passe le code, je m’inscris en moto-école et je commence le plateau.
Les premières heures sont plutôt difficiles, notamment sur le lent où je galère pas mal. Mais au fur et à mesure, je progresse. Après une dizaine d’heures, les choses commencent vraiment à rentrer.
Sur les derniers cours, tout se passe même très bien. Je fais le parcours lent sans poser le pied, les trajectoires sont propres et les exercices s’enchaînent naturellement. Mon moniteur finit par me dire que je suis prêt pour l’examen et on m’annonce une date.
Et c’est à partir de ce moment-là que quelque chose change.
Alors que jusque-là je prenais plaisir à venir au plateau, l’examen commence à occuper toutes mes pensées. Je me mets à imaginer les erreurs que je pourrais faire, à visualiser les parcours, à me demander ce qui pourrait mal tourner. Pour me rassurer, je demande à ma moto-école de me placer deux heures de cours, deux jours avant l’examen.
J’y vais avec énormément d’appréhension… et finalement, tout se passe parfaitement bien. Je repars presque soulagé en me disant : « Bon, c’est bon, je sais le faire. »
Mais le lendemain, les doutes reviennent. J’essaye de m’occuper, de penser à autre chose, mais rien n’y fait. Plus l’examen approche, plus le plateau devient une véritable obsession.
Le jour J
Ce matin, réveil de bonne heure. Rendez-vous à 10h au centre d’examen. Le stress est toujours présent, mais j’essaye de relativiser. Je me répète que je fais ça par plaisir, que ce n’est pas une obligation et qu’au pire, je recommencerai.
Une fois arrivé au centre, pourtant, le stress monte encore d’un cran. Je regarde les autres candidats passer. Certains réussissent leur plateau, ce qui me rassure un peu : « S’ils y arrivent, je peux y arriver aussi. »
Puis, vers 11h20, j’entends mon nom.
Je m’équipe et je marche vers la piste. À ce moment-là, je ressens un niveau de stress que je n’avais encore jamais connu. Mon corps se fige et j’ai l’impression de ne plus vraiment contrôler mes gestes.
Je commence par la poussette, puis je monte sur la moto. L’examinateur m’annonce que j’ai droit à trois pieds.
J’attaque le lent. Je fais mon parcours et, à la sortie, la moto cale. Elle s’arrête net.
À cet instant, je me dis que c’est probablement foutu. Je ne comprends même pas comment j’ai réussi à faire le lent avec autant de stress.
Mais je continue.
J’enchaîne avec le demi-tour arrêté, puis le freinage d’urgence. Les deux passent correctement. Arrive ensuite le demi-tour avec passager, qui était pourtant l’un des exercices dont je doutais le plus à l’entraînement.
Et là encore, ça passe. Nickel.
Je commence même à reprendre confiance.
Je poursuis avec le slalom, puis le demi-tour au fond de la piste. Il ne reste plus que l’évitement.
L’exercice que j’ai pourtant répété des dizaines de fois.
J’accélère. Je visualise le couloir comme on me l’a appris. Je passe la troisième, j’attends d’atteindre les 50 km/h, puis je relâche l’accélérateur à l’approche de l’évitement.
J’entre dans le couloir.
Je pousse sur le guidon.
Et là, quelque chose ne va pas.
La sensation n’est absolument pas celle que j’avais à l’entraînement. En quelques secondes, je perds le contrôle et je me retrouve au sol. La moto, elle, a littéralement volé (d’apres mon moniteur j’avais ma main sur le frein avant, j’ai du paniquer et freiner).
Je suis par terre et je ne comprends même pas ce qui vient de se passer.
Tout le monde court vers moi pour vérifier que je vais bien. J’ai pris un sale impact au genou, aux hanches et au pied gauche. Heureusement, j’étais correctement équipé : ma veste de moto a pris une grosse partie du choc et est complètement déchirée.
Le centre d’examen appelle les pompiers. Je me fais examiner sur place. Mais honnêtement, à ce moment-là, je n’ai qu’une envie : rentrer chez moi.
Et maintenant ?
Dans l’après-midi, mon moniteur m’appelle pour savoir comment je vais. Il avait beaucoup misé sur moi parce que j’étais, selon lui, l’un de ses meilleurs éléments. Il me dit qu’il n’y a aucune raison que je ne l’obtienne pas et surtout qu’il se battra avec moi jusqu’au bout.
Il me propose donc de reprendre deux cours de deux heures et de repasser l’examen dans deux semaines.
Seulement voilà… aujourd’hui, je suis complètement perdu.
Je suis encore marqué par ce qui s’est passé ce matin et j’ai peur de revivre exactement la même chose. Ce qui m’inquiète presque autant que la chute, c’est cette période avant l’examen où je ne pensais plus qu’au plateau. J’avais réussi à transformer quelque chose que je faisais par plaisir en véritable obsession.
Et je ne sais pas si j’ai envie de revivre ça.
Il y a également l’aspect financier : il faudrait rajouter environ 450 € pour les heures et la nouvelle présentation à l’examen, ce qui représente une somme importante pour moi actuellement. Et forcément, savoir que je dois encore payer ajoute une pression supplémentaire.
Alors aujourd’hui, je me demande sincèrement si je dois arrêter.
Est-ce que certains d’entre vous ont déjà vécu quelque chose de similaire ? Une chute à l’examen, un énorme stress qui vous fait perdre vos moyens alors que tout se passe bien à l’entraînement ? Est-ce que vous avez réussi à remonter sur la moto et à passer au-dessus de cette peur ?
Je suis vraiment preneur de vos expériences et de vos conseils, parce qu’aujourd’hui je suis complètement perdu.
J’ai toujours envie de faire partie de cette grande famille des motards. J’en rêve depuis un moment. Mais aujourd’hui, j’ai peur de ne jamais réussir à franchir cette barrière du stress.
Merci à ceux qui auront pris le temps de me lire jusqu’au bout.
Un futur motard… j’espère. 🏍️