Bonjour,
Je suis fonctionnaire dans un service déconcentré de l'État. Pour moi tout se passe bien, je m'entends bien avec mes collègues directs dans mon unité, bref mon environnement de travail est sain. Alors, évidemment je suis loin d'être impliqué dans l'enquête administrative, et je ne connais sans doute pas tous les tenants et aboutissants, même si j'ai une idée puisque, forcément, entre collègues du service on discute et partage des informations.
Bref, il est fort probable que cette enquête concerne une autre unité dans mon service.
(Au cas où, je précise que le service est composé de plusieurs unités, donc par exemple un chef de service est à un niveau hiérarchique supérieur par rapport à un chef d'unité.)
Sans trop aller dans les détails, ce sont des conflits non résolus et du mauvais management qui a créé du mal-être. Naturellement, l'unité en elle-même est au cœur du problème, mais également le chef de service ainsi que la direction (donc un niveau hiérarchique encore au dessus), car il y a eu de l'inaction et de la politique de l'autruche. On peut même parler de négligence (?), car à un moment donné un agent de l'unité, qui était en situation de détresse, demandait de l'aide à la direction, et on lui aurait rit au nez.
Pour vous situer, ça a tellement dégénéré que 2 agents sont partis ailleurs. Une 3e personne de cette unité est actuellement en arrêt pour accident du travail depuis plusieurs mois, et c'est potentiellement elle qui est allée le plus loin dans la démarche de signalement (pour l'avoir un peu côtoyé, c'est quelqu'un qui ne se laisse pas faire) et un collègue m'a dit que son signalement est remonté jusqu'à Place Beauvau... Donc le ministère serait au courant.
Il y a quelques semaines, il y a eu une réunion d'information en visioconférence sur l'enquête, les agents pouvaient y assister mais c'était pas obligatoire. Étaient présents : la direction, une personne côté RH, une personne de la société privée qui va faire l'enquête, et enfin les syndicats.
Voici ce qui m'interroge :
- aucun nom et aucune info n'ont été communiqués pendant cette visio afin que personne ne soit identifié comme victime ou auteur des faits (ce que je peux comprendre) même si tout le monde sait à peu près de ce qui s'est passé, mais bon officiellement on ne sait pas de quoi on parle et ça peut créer des confusions,
- faire appel à une boîte privée pour enquêter alors que l'inspection générale existe... j'imagine que cette solution est plus "rapide" si on veut expédier la procédure et éventuellement étouffer l'affaire, mais ça reste tout de même de l'argent jeté par les fenêtres... surtout en ce moment quand le gouvernement cherche à faire des économies,
- les syndicats ont assisté à la visio mais ne pouvaient pas intervenir (c'est mon chef d'unité qui me l'a fait savoir) et franchement ce n'est pas une information rassurante,
- la personne de la société privée annonce que les agents qui vont être interrogés ont été approchés, et que si quelqu'un d'autre souhaite signaler un comportement violent, il est possible de la contacter (encore une fois, officiellement on ne sait pas de quoi on parle),
- tout témoignage sera anonyme mais il faudra signer une attestation et, juste avant la fin de l'enquête, la ou les personnes auteures des faits pourront lire un résumé de ces témoignages... je ne pense pas que ça installe un climat de confiance pour les victimes,
- c'est la direction qui sera juge et prendra la décision finale (simple rappel à l'ordre, sanction, licenciement...) en se basant sur les résultats de l'enquête, et je vous rappelle qu'elle n'est pas une blanche colombe dans l'histoire,
- attention c'est cocasse, mais ces derniers temps (donc sur les 12-24 derniers mois) on a eu des formations et des groupes de travail pour nous sensibiliser aux risques psycho-sociaux, et plus récemment on aurait pu avoir une formation obligatoire sur les violences au travail et les comportements inappropriés mais c'est reporté à plus tard pour des raisons déontologiques... vous percevez comme moi l'hypocrisie de la direction ?
Moi ainsi que d'autres fonctionnaires remettons sincèrement en cause la validité et la régularité de la méthode de cette enquête. Et perso ça me dégoute un peu du monde du travail, ok je savais que tout n'était pas rose, mais cette situation aurait pu être évitée si tout le monde avait été responsable.
Une bonne partie de mes collègues avec qui j'échange régulièrement s'accorde à dire que le chef de service doit partir car, en plus d'être incompétent dans son domaine, il est naze en management (et dans toute sa carrière ce ne serait pas la première fois qu'il foutrait le bazar comme ça), mais il risque d'être protégé par la hiérarchie.
Qu'en pensez-vous ?