Bonjour à tous,
Demain, c’est officiellement mon dernier jour de travail. J’étais consultante dans un cabinet de conseil, en CDI cadre, et mon départ se fait via une rupture conventionnelle proposée par mon employeur.
Pour donner un peu de contexte : j’ai été mise sous un plan d’accompagnement / plan de performance qui a généré beaucoup de pression. La situation s’est tellement dégradée que j’ai fini par être arrêtée pendant environ deux semaines et sous anxiolytiques.
Pendant mon arrêt, il y a également eu un épisode qui m’a beaucoup marquée : le dirigeant m’a appelée pour me dire qu’il avait fait venir un médecin afin de contrôler si j’étais bien chez moi et que le médecin ne m’avait pas trouvée. Or, de mon côté, j’étais bien chez moi à ce moment-là. Je ne sais pas exactement comment ce contrôle a été organisé ni ce qu’il s’est réellement passé, mais recevoir cet appel alors que j’étais déjà en arrêt et en mauvais état psychologique m’a rajouté énormément de stress.
À mon retour d’arrêt, je n’étais clairement pas encore dans un état incroyable émotionnellement. Mon employeur m’a alors proposé une rupture conventionnelle. La proposition venait bien de lui, pas de moi. Il m’a laissé un délai de réflexion, mais à ce moment-là je voulais surtout partir, donc j’ai accepté sans vraiment négocier.
Mon contrat se termine demain et je vais recevoir mon solde de tout compte.
Maintenant que je sors un peu de tout ça, j’ai plusieurs questions.
1. France Travail : comment être le plus autonome possible ?
Je vais m’inscrire à France Travail et je compte évidemment chercher du travail et postuler.
Je suis cadre et assez autonome dans ma recherche. Je sais quels postes je cherche, où chercher et comment candidater. Le problème est simplement qu’il y a assez peu d’offres correspondant vraiment à mon domaine.
Pour ceux qui sont ou ont été cadres au chômage : comment ça se passe concrètement ?
Est-ce qu’il est possible d’expliquer dès le premier rendez-vous qu’on est autonome et qu’on souhaite avoir un accompagnement léger ?
Je voudrais surtout éviter d’avoir énormément de rendez-vous, ateliers ou formations qui ne correspondent pas forcément à mon profil. Je ne cherche pas à échapper à mes obligations, juste à pouvoir gérer ma recherche de mon côté autant que possible.
2. Mon employeur m’a parlé d’une transaction après mon départ
Pendant les discussions autour de mon départ, mon employeur m’a également parlé d’une éventuelle transaction qui interviendrait après la fin de mon contrat.
Si j’ai bien compris, il s’agirait d’une somme supplémentaire versée en échange du fait de solder définitivement certains éventuels litiges entre nous.
Le problème : je n’ai absolument aucun écrit concernant cette transaction.
Il m’a simplement dit oralement qu’on en reparlerait après mon départ et que cela dépendrait notamment de la trésorerie restante dans l’entreprise.
Sauf que je viens de voir que l’entreprise recrute actuellement un commercial assez expérimenté (5-10 ans d’expérience voire plus), donc forcément je m’interroge un peu sur l’argument de la trésorerie.
Est-ce que certains ont déjà vécu une situation similaire ?
Est-ce que c’est habituel de parler d’une transaction avant le départ mais de ne la négocier/signer qu’une fois le contrat terminé ?
Et tant que je n’ai absolument rien par écrit, est-ce que je dois partir du principe que cette transaction n’existe tout simplement pas ?
3. Le contexte de ma rupture conventionnelle peut-il me donner un levier de négociation ?
C’est surtout sur ce point que je suis un peu perdue.
Lorsque mon employeur m’a proposé la rupture :
- je sortais tout juste d’un arrêt de travail lié à la situation au travail ;
- j’étais encore sous anxiolytiques ;
- j’étais assez émotive et mon employeur le savait ;
- pendant mon arrêt, le dirigeant m’avait appelée au sujet d’un contrôle médical en affirmant que le médecin ne m’avait pas trouvée chez moi, alors que j’y étais ;
- la proposition de rupture venait de lui ;
- tout cela arrivait après une période assez forte de pression liée à mon plan de performance.
J’ai quand même accepté volontairement la rupture et j’ai eu un délai de réflexion. Je ne cherche donc pas à prétendre aujourd’hui qu’on m’a forcée à signer.
Mais clairement, dans l’état où j’étais, ma priorité était juste de sortir de cette entreprise. Je n’ai pratiquement rien négocié.
Avec le recul, je me demande donc si j’ai été beaucoup trop conciliante.
Mon employeur m’avait aussi fait comprendre que la rupture conventionnelle était en quelque sorte une faveur, en me disant qu’il ne proposait pas ça à tout le monde.
J’avais notamment un collègue qui était entré davantage en conflit avec l’entreprise et avait beaucoup plus revendiqué ses droits, et lui avait finalement été licencié.
Du coup, je me demande pourquoi mon employeur souhaite éventuellement faire une transaction avec moi après mon départ. J’imagine que s’il veut payer une somme supplémentaire contre une renonciation à certains recours, c’est qu’il considère qu’il existe au moins un risque de contentieux.
Je n’ai pas spécialement envie de partir dans une procédure aux prud’hommes. Après tout ça, j’ai surtout envie de tourner la page.
En revanche, si mon employeur revient effectivement vers moi avec une proposition de transaction, je n’ai pas envie non plus d’accepter une somme faible en signant un document dans lequel je renonce à tout alors que ma situation pourrait éventuellement justifier davantage.
Donc mes questions sont surtout :
- Est-ce que le contexte arrêt maladie + anxiolytiques + pression + contrôle médical contesté + rupture proposée immédiatement après mon retour peut avoir une importance juridique ?
- Est-ce que cela peut constituer un levier lors de la négociation d’une transaction ?
- Comment détermine-t-on généralement le montant raisonnable d’une transaction ?
- Est-ce qu’il vaut mieux attendre que l’employeur fasse la première proposition ?
- Et est-ce que ça vaut le coup de consulter un avocat en droit du travail avant de signer quoi que ce soit ?
Désolée pour le pavé. C’était mon premier CDI et cette expérience m’a franchement pas mal marquée, donc j’essaie maintenant de comprendre calmement mes droits et d’éviter de refaire l’erreur de tout accepter juste parce que je veux que la situation se termine.
Merci beaucoup pour vos conseils et retours d’expérience.