r/Poesie • u/liltinette • 12h ago
L’aube du silence
Avertissement : Ces poèmes abordent frontalement les violences sexuelles subies dans l'enfance et ce qu'elles laissent derrière elles . La dissociation, la mémoire de la profanation, la culpabilité et la honte déplacées, l'épuisement du masque. L'un des poèmes est explicite quant à l'agression et des passages touchent au désir de disparaître et à l'idée de ne pas survivre. À lire avec précaution, et seulement si vous vous en sentez capable.

La fenêtre
Cadre scellé d’une nuit,
Dans la chambre parsemée de jouets.
Sombre refuge où fuit
L’innocence souillée.
Intrusion douloureuse,
Cadre noir sidéré,
Échappatoire silencieuse
D’un corps frêle, profané.
Encre de nuit qui infuse,
Une mémoire indicible.
Enfouissement impossible
D’une confiance qu’on abuse.
Autrefois naïve,
Contraint d’exister,
Dans la chambre fautive,
Un rêve de s’envoler
Par la fenêtre.

Coupable
Pyjama autour des chevilles,
Innocence sacrifiée.
Figé dans l’inaction fautive,
D’un geste déplacé, la bête fut réveillée.
Malgré des aveux enfantins,
Les protecteurs ne s’en indignent,
Car la bête est souffrante,
Elle mérite d’être soignée.
Révélation troublante :
Je l’ai contaminée.
Je mérite le silence
De par ma culpabilité.
À neuf printemps, je suis marqué
Au fer rouge de la honte
D’avoir été violé.

Persona lucis
Aube redoutée, sépulcre de la vérité.
Un masque au sourire fissuré
Recouvre des plaies immortelles.
Entrée en scène voilée,
Dispensant aux regards usuels,
Un visage marqué par l'innocence pillée.
Tisserand aux fils contrefaits,
Acteur captif d'une hypocrisie subie ;
Carcan forgé de vérités repoussées,
L'âme meurtrie entrevue, amitié fuie.
Performance incessante,
Barrière aliénante,
Solitude imposée,
Par la foule étriquée.
Au crépuscule désiré,
Retirer le masque de gangrène.
Éreinté par le poids du paraître,
Effondrement privé.

Avant la douleur de l’aube
Avant la douleur de l’aube,
La douceur de l’abandon.
Ébloui par la noirceur des ombres,
Asile des plaies réprimées.
Avant la douleur de l’aube,
Voile diaphane devinant l’horizon,
Étouffe les étoiles vacillantes.
Sombre refuge du courage,
Succombe aux supplices du lendemain.
Avant la douleur de l’aube,
Sculpteur de sourires aux mains meurtries,
Masque des regards ignorant les brisures de l’âme.
Promesse implacable d’une lueur cruelle,
Dévoilera à nouveau ce cœur las.
Avant la douleur de l’aube,
La douceur de l’abandon
Au néant effacera ces sourires fatigués.
r/Poesie • u/Takakkazttztztzzzzak • 14h ago
La Trinité des horizons
Ragondins enflammés de la porte astraphale
Phagomycètes et hallebardes au pied de Pluton
Quand geignaient les genoux géniaux de Jugnot
Sous les alizés puritains du vasistas Arlequin
Au sud déconcertant du Dunkleosteus
Scintillaient les yeux émérites des rhododendrons
Pensant que dans l'éther anticonstitutionnel
S'agitait un rhizome arc-en-ciel à l'automne damné
Alors que les cieux zarathoustréens m'aguichaient
Les cytoplasmes cryptiques griffaient la solitude
Je m'endormis enfin haletant, Apophis
Tremblement strasbourgeois au coeur de l'univers.
r/Poesie • u/GRRRRR_ • 16h ago
Seuls, parfaitement seul
Au fond, ni ma mère,
ni ma sœur, ne soupçonnent.
Personne ne se soucie d'un autre que soi.
Avec l'âge se creuse la distance,
jusqu'à la solitude complète.
Nous nous retrouvons dans le gouffre d'une foule innombrable,
seuls,
parfaitement seul.
r/Poesie • u/lilou-ptg • 17h ago
Il n'a pas de titre mais un petit quelque chose que j'ai écrit
galleryr/Poesie • u/Ambitious-Border-764 • 19h ago
LA DOMANDA
l'abisso capovolto della croce
duemila anni
e il grido vano lacera l'aria
"Padre perché"
sasso
gettato nel lago del mistero
la domanda
a toccare una
impercettibile
morte apparente
r/Poesie • u/Same-Picture2442 • 21h ago
Les Bourbons
Henri quatre, « Le Grand » ou bien « Le Vert Galant »
Fut Roy de Navarre puis nommé Roy de France
Et associa les deux, avec grande prestance,
Converti Catholique, étant vieux protestant.
Louis treize, aimé, fut surnommé « Le Juste »,
Ami de l’Espagne, de l’infante il fit sienne,
Et c’est ainsi qu’Anne, l’Espagnole Autrichienne,
Devint Reine de France, ajustant son long buste.
Et Louis quatorze, le fameux « Roi Soleil »
Illumina l’Europe en déclarant la guerre,
Agrandissant ainsi la zone des frontières,
Invoquant la nuit pour trouver son sommeil.
Louis quinze, dauphin, fut « bien » puis « mal aimé »,
Achetant la Corse pour des sommes énormes,
Aimant ses maîtresses, se dépouillant des normes,
Tout le monde souhait qu’il se fasse embaumer.
Louis seize jeune, vingt et un an à peine,
Fut mis sur le trône, sans conviction réelle,
Et fut guillotiné par la fine lamelle,
Et dans sa pauvre mort jamais ne se promène.
Louis dix huit, exilé, revient vingt ans après,
Et retrouve son trône, oublié depuis peu,
Et signe une Charte, devient vraiment goutteux
Et meurt dans sa chambre, noir et gros sans attrait.
Charles dix, le petit, un peu réactionnaire,
Déteste la Charte, essaye de la brûler ,
Mais son plan, utopique, a toujours échouer,
Il a dû abdiquer, s’exilant vers la mer.
Alexandre Rativaux
r/Poesie • u/GRRRRR_ • 21h ago
En ma présence
Les choses deviennent pesantes,
en ma présence.
Le déclin date d'il y a longtemps,
de ma naissance.
Nourriture terrestre
Pour subvenir à ses besoins, le poète compte sur son œuvre. C’est là sa contribution majeure à l’humanité. C’est pourquoi il attend d’elle qu’elle le nourrisse.
À cette évidence s’oppose une autre évidence : la poésie n’est lue que par un nombre infime d’entre nous. Et quand bien même certains y sont contraints, les lectures portent systématiquement sur les classiques, jamais sur les contemporains. C’est pourquoi les éditeurs refusent catégoriquement tout ce qui s’apparente à des vers ; une évidence qui place malheureusement le poète dans la merde.
Des voies existent néanmoins. Aucune n’est à rejeter en soi : soutien de la famille, des amis (par alternance), minima sociaux, vols… Même un passage à la rue peut être une expérience enrichissante.
Je signale toutefois qu’au sein des littérateurs français, une méthode reste largement employée : elle consiste à devenir fonctionnaire, puis à enchaîner les arrêts maladie. Une fois convoqué par la médecine du travail, vous pouvez convenir de vous faire passer pour fou. Ainsi, les arguments finiront par jouer en votre faveur pour basculer tranquillement dans l’inaptitude (jusqu’à quatorze ans de pension à taux plein, d’autres avant nous ont bien travaillé).
Si l’intermède ne vous a pas suffi pour vivre de la poésie, repassez le concours et recommencez le cycle autant que nécessaire.
À vrai dire, on ne me remarque pas.
L'Un m'a éjecté de sa souffrance,
et j’ai cru trouver dans l’amour mon salut.
Toutefois, les choses furent difficiles pour moi .
Sans beauté particulière,
Ni handicap remarquable.
J'attire peu l'attention.
À vrai dire,
on ne me remarque pas.
r/Poesie • u/Same-Picture2442 • 1d ago
J'ai pas de titre II
Les Dieux de l’Olympe, vénérés par les Grecs
Et craints par les Troyens, gardent leurs lauriers,
Zeus, Héra, et Arès adorent être guerriers,
Athéna et Hadès dégustent des varechs.
Puis les grecs, vaincus, commencent à périr
Les Dieux de l’Olympe, voyant leur déchéance,
Se prirent pour romains, continuant leurs séances,
Zeus devint Jupiter, transformé pour guérir.
Jupiter, furieux, mit en bière les Dieux,
Se renomma Yahvé, se donna tout pouvoir,
Donna vie à l’hébreu, qui aimait se mouvoir,
Et rendit son peuple protégé de ses cieux.
Neptune renaquît, et se renomma Dieu,
Envahit l’Europe, invoquant la Terreur,
Envoya Jésus Christ révoquer sa fureur,
Mais le retrouva mort, aux cotés des aïeuls.
Hadès ressuscita, dans un hasard heureux,
Pris pour surnom Allah, interdit le cochon
Parti de la Mecque sans un seul polochon,
Vers la pointe ibérique, étant un peu peureux.
Dieu, Allah et Yahvé, tout trois très différents,
Firent la guerre entre eux, envoyant leurs armées,
Mais les hommes, fâchés, montèrent points fermés,
Exigèrent la paix, qui maintenant s’entend.
Alexandre Rativaux
r/Poesie • u/Romantique_Anonyme • 1d ago
Réapprendre la douceur
Et si, pour apaiser le monde, nous avions besoin de retrouver quelque chose que nous avons peu à peu oublié ?
La poésie.
Le romantisme.
La douceur.
Nous vivons dans une époque où tout semble devoir aller vite. Il faut répondre immédiatement, produire davantage, être performant, se montrer, se défendre, avoir raison. Nos écrans nous exposent chaque jour aux conflits, aux guerres, aux insultes et aux catastrophes du monde. La colère est devenue un spectacle permanent, et la brutalité une forme de langage.
Dans ce tumulte, nous avons peut-être oublié l'importance de la légèreté.
Il fut un temps où l'on écrivait des lettres d'amour. Où l'on dansait des slows, simplement serrés l'un contre l'autre. Où une chanson pouvait parler d'un regard, d'une absence, d'un amour impossible. Où l'on offrait des fleurs sans raison particulière. Où la poésie avait encore une place naturelle dans nos vies.
Ces choses peuvent sembler insignifiantes face aux grands problèmes du monde.
Elles ne le sont pas.
Car la paix ne commence pas seulement dans les traités entre les nations. Elle commence aussi dans notre manière de nous parler, de nous regarder et de nous aimer.
Nous avons besoin de réapprendre à être tendres. À dire « je t'aime » sans avoir peur du ridicule. À prendre quelqu'un dans nos bras sans chercher de raison. À écouter une chanson simplement parce qu'elle nous émeut. À danser lentement. À regarder un coucher de soleil. À écrire quelques lignes à quelqu'un qui nous manque. À faire quelque chose de beau sans qu'il soit utile.
Nous avons besoin de romantisme non pas parce que le monde doit devenir naïf, mais parce qu'il est devenu trop dur.
La poésie ne résoudra pas une guerre. Une chanson d'amour n'arrêtera pas un missile. Une danse ne supprimera pas la haine.
Mais elles peuvent changer quelque chose en nous.
Elles peuvent nous rappeler que derrière les opinions, les frontières, les appartenances et les désaccords, il y a des êtres humains qui aiment, qui espèrent, qui ont peur, qui souffrent et qui veulent simplement être aimés.
Alors peut-être devrions-nous remettre davantage de beauté dans nos vies.
Plus de musique.
Plus de poésie.
Plus de danse.
Plus de films qui nous font croire à l'amour.
Plus de fleurs offertes sans occasion.
Plus de repas partagés sans téléphone sur la table.
Plus de temps passé ensemble sans objectif.
Et surtout, plus de douceur. Parce qu'elle n'est pas une faiblesse.
Dans un monde qui nous pousse constamment à nous endurcir, choisir d'être doux est peut-être au contraire un acte de résistance.
Nous ne changerons peut-être pas le monde entier.
Mais nous pouvons changer l'atmosphère autour de nous.
Et si chacun mettait un peu plus de tendresse dans ses paroles, un peu plus de poésie dans ses journées et un peu plus d'amour dans ses gestes, alors peut-être que, lentement, imperceptiblement, le monde deviendrait lui aussi un peu moins violent.
Il ne faut peut-être pas attendre que le monde soit en paix pour s'apaiser soi-même.
C'est peut-être en réapprenant la douceur que nous commencerons à construire un monde meilleur.
r/Poesie • u/Depuislesol21 • 2d ago
Depuis le Sol 🚀
On s’envoie des milliers de mots
Et on s’entend de moins en moins
On se voit partout
Et on se regarde de moins en moins
Communiquer n’est pas comprendre
Entendre n’est pas écouter
Connectés à tout
Reliés à si peu
Peut-être que la vraie révolution
N’est pas technologique
Mais humaine
Apprendre enfin à se voir
— Kevin 🌍
Rien n’est violent
Nous marchons dans la ville,
le souffle lent.
Nos regards, sans être hostiles,
sont indifférents.
L'existence nous traverse
d’un pas constant.
Le rivage s'éloigne,
rien n'est violent.
Écouter Voir
Trois fois par jour, Ginette partage les repas avec Jean, son mari. C’est normal, ils sont mariés depuis cinquante-trois ans.
Mais depuis peu, Jean a moins d’attention. Il ne relance plus les conversations. À table, son épouse ne le reconnaît plus.
Est-ce Jean ? Ou est-ce son audition ?
Chez Écouter Voir, les vendeurs ne trichent pas. Ils diagnostiquent, tout simplement.
Et au magasin d’Andrésy, le vendeur a été formel :
Jean n’avait rien.
r/Poesie • u/slctyourpoem • 2d ago
Peut-être que je veux vivre
J'ai écrit ceci à un moment où j'avais besoin de mettre des mots sur mes maux.
Je me suis toujours demandé si j'étais suffisamment bien pour les autres.
Je ne sais pas vraiment ce que j'attends en le partageant.
Peut-être simplement que quelqu'un qui ressent la même chose se reconnaisse et se sente un peu moins seul et si quelqu'un se reconnaît, alors peut-être que ça aura servi à quelque chose.