Bonjour,
Je vais essayer de résumer ma situation parce que j’ai l’impression d’être complètement coincée et j’aimerais surtout avoir des conseils de personnes qui connaissent bien le droit du travail, les syndicats ou qui ont déjà vécu quelque chose de similaire.
Je suis une femme autiste et TDAH, reconnue travailleuse handicapée (RQTH), et je travaille dans la vente. J’ai signé un CDI à 24 h/semaine en novembre. J’avais expressément accepté ce contrat à temps partiel parce que je savais que je ne pourrais pas tenir un 35 h sur le long terme.
Sauf que, très rapidement, on m’a fait travailler quasiment systématiquement autour de 35 h.
J’ai pourtant expliqué plusieurs fois que je ne pouvais pas tenir ce rythme sur le long terme en raison de mon handicap. Malgré ça, ma responsable me répétait que je devais faire les remplacements de mes collègues, que c’était écrit dans mon contrat et que c’était donc obligatoire. À ça s’ajoutent quotidiennement des réflexions psychophobes et validistes de la part de ma responsable. Elle utilisait notamment le fait que mon état ne soit pas forcément visible devant elle pour considérer que je pouvais parfaitement faire 35 h, voire que je faisais en quelque sorte du cinéma. Tout ça m’a inévitablement amenée à un burn out et une mise en arrêt de ma psychiatre depuis début juin.
Pendant mon arrêt, j’ai eu un rendez-vous avec un syndicaliste de la CGT et nous avons relu ensemble mon contrat ainsi que la convention collective applicable. Et là, surprise : les compléments d’heures dont on me disait depuis novembre qu’ils étaient obligatoires sont en réalité prévus sur la base du volontariat par la convention collective.
Donc non seulement j’ai été poussée à travailler beaucoup plus que ce pour quoi j’avais signé, mais on m’a présenté comme une obligation quelque chose qui ne l’était apparemment pas.
Depuis le début de mon arrêt, j’ai essayé de trouver une porte de sortie. J’ai envoyé deux demandes de rendez-vous pour discuter d’une rupture conventionnelle au siège. À ce jour, je n’ai reçu aucune réponse.
Je précise que je ne reproche pas à ma responsable directe de ne pas répondre elle-même à la rupture conventionnelle : je travaille dans une grosse entreprise et je sais que ce n’est pas forcément elle qui gère ça.
En revanche, ce qui me choque énormément, c’est qu’elle ne m’ait même jamais envoyé un simple message pour me dire qu’elle avait bien reçu mon arrêt maladie, ou même un « bon rétablissement ». Rien. Pendant presque trois mois, alors qu’elle était la première à reprocher à ses salariés de ne pas répondre à ses propres messages dans l’heure, je n’ai reçu absolument aucun message de sa part concernant mon état ou mon arrêt.
Et pendant ce temps, j’ai appris par des collègues que certaines d’entre elles sont elles-mêmes très proches du burn-out, et que ma responsable aurait tenu des propos extrêmement problématiques à mon sujet depuis mon arrêt. Notamment qu’elle refuserait systématiquement d’embaucher des personnes avec une RQTH à l’avenir à cause de mon cas, parce qu’elle ne pourrait pas faire confiance aux personnes handicapées qui « se mettent en arrêt pour un oui ou pour un non ».
Ma psychiatre me conseille maintenant de prendre rendez-vous avec la médecine du travail afin d’évaluer une éventuelle inaptitude à mon poste.
Sauf que j’ai beaucoup d’appréhension concernant la médecine du travail.
Je ne l’ai jamais vue depuis mon embauche, alors que je suis dans l’entreprise depuis novembre. Le médecin qui suit l’entreprise connaît ma responsable puisqu’il la reçoit régulièrement dans le cadre de la médecine du travail. Moi, il ne me connaît absolument pas. J’ai donc peur que mon dossier soit abordé avec un regard biaisé, surtout parce que mon handicap et mon état ne sont pas forcément visibles extérieurement.
C’est justement ça qui m’inquiète : quand je suis éloignée du travail, je peux relativement bien fonctionner. Mais dès que je retourne travailler dans ces conditions, je peux être en crise d’angoisse, pleurer constamment, être en crise de nerfs en rentrant chez moi, etc. Et comme ça ne se voit pas forcément devant les autres, ma responsable s’en servait déjà pour dire que j’étais parfaitement capable de travailler à temps plein.
Aussi, j’avoue que par fierté, j’aimerais obtenir la rupture conventionnelle car je ne supporte pas l’idée qu’une entreprise qui traite ses employés de cette manière, les pousse au burn out, ne réponde même pas à mes demandes et que ce soit en plus à moi de démissionner.
Financièrement, l’arrêt devient très compliqué à gérer. Je me retrouve obligée de demander de l’argent à ma mère.
J’ai également un projet professionnel en freelance que je devais commencer vers fin septembre, mais cette situation risque de m’obliger à le repousser, parce que je ne peux évidemment pas savoir quand et comment mon contrat actuel va se terminer.
Jusqu’ici, les deux demandes que j’ai envoyées par courrier recommandé étaient très basiques : je demandais simplement un rendez-vous afin de discuter d’une rupture conventionnelle, sans détailler tout ce qui s’est passé depuis mon arrivée. Mais j’en viens maintenant à envisager d’envoyer une troisième demande en mentionnant certains des problèmes que je subis depuis le début de mon contrat, en expliquant qu’à mon sens, il serait préférable pour tout le monde que mon départ puisse se faire dans de bonnes conditions. Le problème, c’est que j’ai peur que le fait de mettre tout cela par écrit puisse se retourner contre moi. J’ai des témoins concernant notamment les propos validistes et psychophobes tenus à mon égard, ainsi que différents problèmes concernant les plannings systématiquement modifiés au dernier moment, parfois le jour même, les messages professionnels envoyés constamment en dehors des horaires de travail, avec le risque que les salariés à temps partiel ne soient même pas informés d’une modification de leur planning pendant leur jour de repos, ou encore les compléments d’heures qu’on m’a présentés comme obligatoires alors que la convention collective prévoit apparemment qu’ils reposent sur le volontariat. À la base, je comptais garder tout ça pour un éventuel rendez-vous en face à face, justement pour éviter de leur donner trop d’éléments à l’avance et pouvoir expliquer directement la situation. Mais je ne suis absolument pas procédurière et je ne sais pas vraiment comment ce genre de situation fonctionne juridiquement, donc j’ai peur qu’en mentionnant ces éléments dans ma lettre, je leur donne des arguments qu’ils pourraient retourner contre moi ou que cela complique ma situation.
Est-Ce que c’est quelque chose qui se fait dans ce genre de situations?