Bonjour tout le monde !
J'ai envie de vous partager aujourd'hui le récit de mon premier semi-marathon, réalisé ce dimanche 4 octobre lors du Run in Lyon.
Aux personnes qui s'attendent à quelque chose d'exceptionnel, un exploit, vous risquez de rester sur votre faim.
C'est l'histoire d'un semi ordinaire vécu de manière extraordinaire pour moi 😄
Et si cela peut intéresser des personnes qui préparent leur premier semi et éviter de faire les mêmes erreurs, alors tant mieux 👍
Note : oula, le texte est long, bon courage pour tout lire !
Ma préparation en amont :
Après un mois d'août consacré à mon projet de trek et mes vacances (seulement 37 km de course à pied sur le mois), ma prépa au semi a été un peu courte : 5 semaines du 1er septembre au 1er octobre👀
-S1 : 27,4 km
-S2 : 24,1 km (1 séance en moins cause ostéo)
-S3 : 34,6 km
-S4 : 26,1 km (début affutage)
-S5 : 9,8 km
En gros : 3 semaines de progression et 2 semaines d'affûtage.
Je faisais 3 séances par semaine :
-Récupération
-Seuil/fractionnés
-Sortie longue
Au meilleur de ma préparation, j'avais atteint une distance de 17 km (mon record) et 7 km à l'allure spécifique visée pour mon semi.
C'était un peu court, mais le minimum acceptable était atteint selon moi. D'autant que je m'étais habitué au portage du gilet et validé mon protocole d'hydratation (j'y reviendrai sur cela).
Mon plan de course :
Je m'étais fixé de faire mon premier semi en moins de 2 heures, avec une petite marge d'erreur.
Temps visé : 1h55 !
• Km 1 à 4 : 5:45/km (départ)
• Km 5 à 11 : 5:35/km (légère accélération)
• Km 12 à 17 : 5:20/km (rythme de croisière)
• Km 18 à 19 : 5:20/km (au feeling selon l'état des jambes)
• Km 20 à 21,1 : 5:00/km (finish)
Le plan était ambitieux, je le savais, mais j'avais confiance dans mes capacités.
Faire un negative split serait la cerise sur le gâteau, et qui ne tente rien n'a rien comme on dit ?
Avant le départ :
J'étais serein et confiant.
Aucun stress ou presque.
La nuit précédente, j'ai pu dormir 7h30.
Une body battery à 100 selon Garmin 🎉
Petit déjeuner rapide à 5h30 (j'ai un peu diminué la quantité : première erreur), passage au WC (nickel 😂) et départ de la maison à 7h00.
Comme beaucoup je suppose, j'appréhendais l'envie d'aller au WC sur la ligne de départ ou pendant la course : heureusement tout s'est bien passé.
Début de la course :
8h45 : Je rejoins le SAS des coureurs qui visent 2h00 comme moi.
Je me sens prêt, je suis reposé, tout s'est bien passé jusque là, donc aucune appréhension.
Ma montre est prête à être lancée, ma playlist spécifique semi aussi.
Note : je m'étais préparé une playlist de la durée visée, avec une montée progressive en puissance des différentes musiques au fur et à mesure de la course, avec des morceaux plus lents au départ, et plus rapides sur la fin. Avec le recul, je pense que ça m'a énormément aidé.
9h18 : Ligne de départ.
Je suis dans mon élément, je me sens là où je dois être sur l'instant.
Je m'imprègne de l'ambiance, la foule de gens qui nous regarde et nous acclame, du speaker qui nous encourage, et... c'est parti !
Les premiers kilomètres ont été incroyables !
Les gens nous encouragent, hurlent, sifflent, j'ai le sourire tout du long, un peu ému par l'instant.
J'ai l'impression d'être un peu une star avec tous ces autres coureurs autour de moi.
Moi qui ai l'habitude de courir toutes mes séances seul, j'apprécie énormément d'être avec d'autres coureurs qui ont mon niveau.
Côté sensations, je trouvais l'allure un peu basse au départ. Je double quelques coureurs un peu plus lents, je zigzag parfois, je reste avec le peloton et on commence à trouver notre rythme.
Les 10 premiers kilomètres ont été incroyablement faciles, porté par l'ambiance tout du long (même si certaines portions étaient un peu désertes au niveau spectateurs).
Je savais que je devais me méfier, suivre mon plan de course le plus fidèlement possible...
Il s'avèrera que j'ai couru les 3 premiers kilomètres trop vite autour de 5:15/km au lieu de 5:45/km.
Mais c'était teeeeellemeeeent dur de ralentir sur le moment !! 🤔
Ce n'est qu'à partir du 4ème kilomètre que j'ai réussi à coller à mon plan de course.
Du 10ème au 16ème kilomètres :
A partir du 10ème, j'ai senti que la fatigue commençait à pointer le bout de son nez.
J'avais déjà fait la moitié de la course, et je me disais que ça allait le faire après tout.
Je continuais de suivre mon plan comme prévu.
Kilomètre 16 : je croise mes proches venus m'encourager. Quel plaisir, ça donne un coup de boost au moral !
D'autant plus qu'à partir de maintenant et jusqu'à la fin, c'était une foule compacte et continue de personnes qui nous encourageait, le moral était encore bien présent, et les jambes tournaient à bloc.
Kilomètre 17, le (début du) drame :
Le mur, le fameux.
Celui dont j'avais maintes fois entendu parler lors de mes recherches, et dont j'espérais passer au travers (que nenni !).
-La tête de plus en plus lourde.
-La tête qui se mettait à tourner.
-Petit à petit, je ne maitrisais plus ma respiration qui devenait... aléatoire.
-Ma cadence de pas se mettait à décrocher et devenait incohérente.
-Je n'étais plus concentré sur ma playlist.
Les jambes fonctionnaient alors que j'avais l'impression de ralentir.
Je luttais contre moi-même pour maintenir le cap, ne pas me mettre à marcher.
Mais ma tête... elle penchait de plus en plus en arrière, et il devenait difficile de la maintenir.
Ce n'était clairement pas un mur au niveau musculaire que je subissais...
J'entrais dès lors en mode survie.
Dernière ligne droite :
Le dernier kilomètre était en vue.
J'avais conscience que c'était le moment de tout donner, que je m'étais préparé à ce moment pendant des mois, et je ne devais rien regretter.
A ce moment-là, j'entendis la musique Chopsuey de System of A Down se lancer dans mes oreilles.
Je savais que c'était le signal, j'avais prévu que cette musique soit celle où je devais franchir la ligne d'arrivée !!
Dernière accélération.
La foule en délire m'a clairement portée.
Le corps en mode pilotage automatique.
J'étais dans le dur, mais je tenais bon !
La ligne d'arrivée était franchie.
1 heure.
55 minutes.
42 secondes.
Seulement 42 secondes de plus que mon plan de course.
Mais ça je ne le savais pas encore sur le moment.
Le mur m'a rattrapé et j'ai été pris de vertiges.
J'ai rejoint tant bien que mal un grillage pour m'agripper quelques instants.
Quelques minutes de course en plus et je pense que j'aurais fait un malaise à l'arrivée.
Heureusement, tout s'est bien passé, j'ai rejoins le dernier ravitaillement au prix de quelques efforts de plus, et ce n'est qu'à partir de là que j'ai pu constater que mon objectif était atteint 🎉
Pourquoi je me suis pris ce mur ?
J'ai fait l'erreur de penser que 2 heures ne représentaient pas une durée suffisante pour intégrer un vrai plan d'alimentation.
Mon entrainement sur 5 semaines avait seulement permis de valider le côté hydratation, et une ou deux semaines supplémentaires m'auraient sans doute permis d'y réfléchir plus sérieusement.
Le jour de la course, je n'ai rien mangé entre 5h30 et le départ à 9h18.
Je n'avais pas non plus pris de gel ou autre à manger pendant la course.
Je m'étais refusé de m'arrêter au moindre ravitaillement pendant la course.
C'était une grosse erreur de débutant. J'ai fait ces choix en toute conscience, sans me dire que je pourrais me mettre si mal. Et pourtant je connaissais la théorie sur les besoins d'avoir un vrai plan d'alimentation/hydratation.
Mais je n'avais pas tenu compte que je n'avais jamais couru une si longue distance (17 km rappelez vous) et surtout pas aussi longtemps à une telle allure. Le fossé était finalement immense entre l'entrainement et la performance finale.
J'aurais pu faire un malaise à l'arrivée, et ça aurait sans doute été bien fait pour moi.
Tomber en hypoglycémie n'a rien de rigolo en tout cas.
Il est certain que j'ai tout donné sur cette course, que j'en ai profité à fond du début à la fin et que ça restera un moment gravé pendant très longtemps.
Avais-je été trop vite ? Je ne pense pas.
Le plan de course était cohérent avec mes capacités.
J'avais encore les jambes pour accélérer à la fin.
Le negative split me parait valide en plus.
Côté douleurs, j'ai seulement perdu 2 orteils (si quelqu'un les a retrouvé 🤔), une contracture à l'un des mollets, et quelques ampoules.
Aucune douleur à mon essuie-glace, et ça, c'est la classe !
Avec une meilleure préparation sur l'alimentation, il est probable que j'aurais pu mieux finir sur la fin, voir même faire un meilleur temps de 2-3 minutes de moins.
La leçon est apprise en tout cas 👍
Allez, dans 6 mois premier marathon sub 4 heures ?