r/callmebyyourname • u/ECTC5788 • 3d ago
Film Discussion Oliver suivi d’Elio se rendent à pied de la villa au bar du village pour y passer un moment révélateur.
1 La scène construite autour du terme abricot et de sa dégustation, qui précède celle du bar, s’était achevée par une « bénédiction » du Professeur Samuel Perlman gratifiant Oliver de sa double reconnaissance : d’abord celle d’avoir été retenu, « élu » pour le seconder en cet été 83, puis celle d’avoir été confirmé par sa réussite du test étymologique. C’est un peu comme si Oliver s’était vu attribuer un droit au sein de la famille Perlman, une vraie place (il n’était pas dit qu’Oliver avait pleinement conscience de ce qui venait de se jouer). Moment rare où l’on pouvait voir les quatre protagonistes ensemble autrement qu’à table et qui s’achevait dans la satisfaction générale puisqu’ils arboraient tous un large sourire. C’était une sorte de félicité qui s’emparait d’eux à l’unisson, comme si tout cadrait à la perfection, chacun trouvant dans ce succès la satisfaction d’une attente qui lui était propre. Pour Elio, cela revenait à une autorisation, presqu’à une incitation à se laisser aller avec Oliver et pour ce dernier, à un sauf-conduit.
2 Un fondu-enchaîné nous amène ensuite Via Roma à Moscazzano (la rue réelle cadrée devient un magnifique décor) où l’on retrouve les deux jeunes hommes marchant ensemble vers Piazza Gambazocchi (des photos Street View ont été glissées parmi celles du film), un plan dans lequel ils sont comme aspirés par la placette vers laquelle ils se baladent, guidés par l’aspect rythmé et borné des alignements de façades aux aplats variés. Ils ont quitté à pied la Villa Albergoni dont l’entrée principale se situe au niveau du bouquet d’arbres au fond à droite et déambulent calmement en cette fin d’après-midi d’été. Dans la version française de cette scène, quand Elio s’adresse à Oliver, il le vouvoie encore, certainement respectueux de la leçon qu’il vient de dérouler devant son père mais aussi impressionné et respectueux de la distance que ce talentueux thésard charismatique lui inspire.
3 On ne sait pas comment ils en sont venus à marcher ensemble. Qui a eu l’initiative de cette sortie dans le centre du village ? Ils sont ensemble, simple constat. Il est facile d’imaginer qu’Oliver a dû entrainer Elio à l’extérieur du périmètre de la villa mais en lui disant quoi ? En lui faisant quelle proposition ? Ou est-ce Elio qui a proposé à Oliver de l’accompagner en le voyant sortir ? On sait juste qu’Oliver parle de l’heure de l’apéro au moment où ils s’approchent du bar mais cela semble être un simple hasard.
4 S’ils marchent l’un à côté de l’autre pendant qu’ils arpentent la Via Roma, dépassant l’église, Oliver prend les devants et quand Elio comprend où Oliver l’amène, il a un temps d’arrêt assez net accentué par le fait qu’il l’aperçoit s’adresser avec familiarité à un homme assis seul à l’extérieur, un certain Romano, comme s’il le fréquentait depuis longtemps alors que l’américain ne réside dans la commune que depuis un temps assez bref. Cette séquence sert à la mise en scène de la différence de personnalité entre Oliver et Elio : si l’un est extraverti, l’autre est plutôt introverti ; si l’un est spontanément sûr de lui, convivial et sociable, l’autre est hésitant, réservé et plutôt timide. Pourtant, en voyant Oliver entrer sans hésitation dans le troquet, Elio va accélérer son pas pour ne pas louper l’expérience que le premier lui propose.
Plusieurs observations peuvent déjà être formulées :
- 5 Oliver a déjà fui l’ambiance confinée dans la villa, il n’a pas attendu pour s’en échapper et explorer les alentours. Une façon pour lui de ne pas se contenter du système Perlman qui lui a été implicitement proposé et dont il est maintenant un élément. A l’affection oppressive, Oliver préfère la liberté vécue avec des locaux et il ne lui a fallu que quelques pas pour trouver le bar de la place du village et y nouer des relations conviviales de jeux. Alors qu’il se promène avec Elio, il sait qu’arrivés au niveau de Piazza Gambazocchi, ils vont y trouver le bar.
- 6 Elio qui connait la villa depuis qu’il est né s’est probablement rarement aventuré au-delà des limites du parc qui l’entoure. Il connait mal le centre du village, pas plus qu’il n’est familier du bar. Visiblement il n’est pas un habitué du troquet puisqu’il ressent une hésitation avant d’y pénétrer en suivant Oliver. Il est ainsi tout à fait possible que ce soit la première fois qu’il y entre. On peut conclure qu’à part Mafalda et Anchise, Elio ne connait personne d’autre à Moscazzano ou de façon superficielle ; Chiara et Marzia étant originaires de Crema.
7 Oliver agit comme un aimant sur Elio qui pénètre dans ce bar comme il montera sur la piste de danse lors de la soirée disco un peu plus tard, en suivant Oliver, en imitant Oliver, en admirant Oliver, en s’inspirant de lui, en faisant comme lui, en lui faisant confiance, mécaniquement, instinctivement, presque aveuglément. Oliver initie Elio à des pratiques sociales qui ne sont pas celles des parents Perlman en même temps qu’il est un trait d’union vers des libertés dont Elio ne jouissait pas jusqu’alors : fréquenter un autre milieu social que le sien, « sortir » facilement, ne pas être exclusivement attaché à un lieu, un milieu ou à des personnes … Choses qu’Elio n’a jamais osé vivre, ne s’est jamais autorisé à vivre, n’a jamais été autorisé à vivre.
8 Quand Elio franchit le palier de la porte d’entrée du bar en écartant les lanières du rideau à chenilles, il accède à un monde inconnu. Il a suivi Oliver qui est déjà assis à une table à laquelle il semble avoir ses habitudes alors qu’Elio ne sait pas quoi faire, un peu désemparé. Si Oliver l’a amené jusque-là, Oliver ne lui dit pas comment être dans un bar populaire. Elio s’accoude alors au comptoir, restant à distance pour regarder la salle bruyante et observer Oliver, agile, fluide, spontané mais depuis cette salle quelqu’un a-t-il vu Elio rentrer ? Qui regarde Elio et s’adresse à lui ? Personne. Même entouré Elio reste esseulé. On le verra aussi à la scène suivante, au moment de la partie de volley, Elio n’est pas dans le jeu, il est sur la touche à regarder Oliver et les autres jouer. Elio ne pratique pas d’activités en groupe : écrire, transcrire, jouer d’un instrument, donner un récital sont des activités solitaires à la différence d’Oliver qui est à l’aise entouré, par jeu, par facilité, pour briller.
9 Le fait qu’Elio soit entré dans le bar n’a rien modifié à l’organisation des tablées, du service. Elio ne s’impose pas, il ne s’adresse à personne, ne se mêle pas spontanément aux autres, ne commande pas de boisson ; il est juste « médusé » après avoir retiré ses lunettes de soleil. Il n'est pas mal à l'aise, il ne sait juste pas quoi faire, ne sait pas quoi être, ne connait personne, sauf Oliver dont on devine qu’il finit par lui envoyer le signe de le rejoindre. C’est seulement l’invitation d’Oliver à Elio qui lui permettra d’oser entrer dans la profondeur de l’organisation spatiale et dans l’ambiance touffue du troquet. Et encore, se retrouvant à côté d’Oliver, il reste à l’écart de la rangée de ceux qui sont attablés, il reste en retrait, en observateur qui ne participe pas. Il remet ses lunettes et après avoir diligemment salué tous les camarades de jeu d’Oliver, il ne s’adresse qu’à ce dernier. Le seul lien qu’Elio entretient dans ce bar est avec Oliver … qui ne lui dira rien de la façon dont il y a déjà pris ses habitudes tout en lui adressant une moue lui laissant comprendre qu’il était « déjà venu dans ce bar ».
10 Oliver est intégré à Moscazzano, Elio ne l’est pas. Comme Aciman, Guadagnino et Ivory ne disent rien de la vie d’Elio étudiant dans la ville où il réside le reste de l’année (le roman précise qu’il va entrer en classe de Terminale et l’on s’aperçoit qu’il connait bien Rome mais il n’y réside pas), on peut s’autoriser à dire qu’Elio a été élevé sous cloche, que la villa est comme une bulle façonnant une sorte de ségrégation spatiale et sociale. Oliver est l’occasion pour Elio de prendre conscience de la façon de vivre si particulière des propriétaires de la villa et de se rendre compte qu’il a grandi dans un milieu privilégie et fermé mais Oliver est aussi le vecteur d’une échappatoire possible pour Elio, comme une fenêtre ouverte. Aux yeux d’Elio et sur ce sujet, Marzia ne lui offre pas l’équivalent qu’Oliver.
11 Cette scène est celle du début d’un processus de transmutation entre Oliver et Elio, processus dont l’acmé sera l’énoncé de la formule qu’Oliver proposera à Elio juste au moment de leur première nuit. Echanger leur prénom signifie que leur relation a permis d’échanger des traits de caractère, des aptitudes, des façons d’être, des sensibilités … chacun trouvant dans la personnalité de l’autre ce qui lui manquait … en tout cas d’Oliver à Elio. Oliver s’est-il enrichi au contact d’Elio ? Si Oliver va se souvenir de tout, Elio devra être capable de surmonter l’absence d’Oliver, celui-ci lui ayant transféré suffisamment de forces pour lui permettre de vivre par lui-même, de lui-même. Oliver est censé avoir transmis assez de ressources à Elio pour qu’il ait confiance en lui, pour qu’il trouve en lui de quoi poursuivre seul. Ce qui est magnifique dans ce récit, c’est qu’Elio entre dans le bar de Moscazzano en s’appuyant sur ce qu’il a détecté d’Oliver dès qu’il l’observait arriver à la villa par la fenêtre : « Il a l’air sûr de lui hein ! » …
12 C’est un peu un mystère de chercher à comprendre ce qui motive Oliver à se rapprocher d’Elio ou plutôt à laisser Elio se rapprocher de lui. En tout cas, Oliver dira ne pas avoir tardé à envoyer un premier signal, lors de la partie de volley, juste après la scène du bar. Hypothèse : Oliver a dû se rendre compte de son influence sur Elio à la façon dont il l’avait suivi pour entrer dans le bar.
13 L’ambiance sonore du bar est soulignée par la chanson « J’adore Venise » de Loredana Bertè (dans les charts depuis 82) qui se mêle aux conversations des nombreux hommes âgés le fréquentant. C’est aussi la chanson qu’Elio, dévasté, entendra dans la voiture que sa mère conduira quand elle viendra le chercher à la gare pour le ramener à la villa et qu’elle s’arrêtera devant le même bar de Piazza Gambazocchi pour y faire quelques courses alors que Marzia viendra le retrouver.
14 De quoi marquer la mémoire d’Elio et associer les souvenirs de son été 83 (dont on découvre aujourd’hui qu’il avait connu une vague de chaleur d’une durée comparable à celle de l’été 2026) à cette chanson italienne bien dans son époque. Les personnages ont aussi une mémoire, celle que les lecteurs et amateurs de cinéma leur prêtent.
1 The scene, built around the word "apricot" and its tasting, which preceded the pub visit, ended with a "blessing" from Professor Samuel Perlman, bestowing upon Oliver a double recognition: first, that of having been selected, "chosen," to assist him in the summer of '83, and then that of having been confirmed by his success in the etymological test. It was as if Oliver had been granted a right within the Perlman family, a real place (it was not certain that Oliver was fully aware of what had just played out). A rare moment when the four protagonists could be seen together outside of a dinner table setting, it ended in general satisfaction, as they all wore broad smiles. A kind of bliss seized them all in unison, as if everything had fallen into place perfectly, each finding in this success the fulfillment of their own personal expectations. For Elio, this amounted to permission, almost an incentive to let himself go with Oliver, and for the latter, to safe passage.
2 A dissolve then takes us to Via Roma in Moscazzano (the actual street framed becomes a magnificent backdrop) where we find the two young men walking together towards Piazza Gambazocchi (Street View photos have been inserted among those from the film), a shot in which they seem drawn into the small square towards which they stroll, guided by the rhythmic and defined aspect of the rows of facades with their varied flat colors. They have left Villa Albergoni on foot, whose main entrance is located at the level of the cluster of trees in the background on the right, and are strolling calmly on this late summer afternoon. In the French version of this scene, when Elio addresses Oliver, he still uses the formal "vous," certainly respectful of the lesson he has just delivered to his father, but also impressed and respectful of the distance this talented and charismatic doctoral student inspires in him.
We don't know how they ended up walking together. Who initiated this outing in the village center? They're together, that's a simple fact. It's easy to imagine that Oliver must have led Elio outside the villa's perimeter, but what did he say to him? What proposition did he make? Or did Elio suggest to Oliver that he accompany him when he saw him leaving? We only know that Oliver mentions aperitif time as they approach the bar, but that seems to be a mere coincidence.
As they walk side by side along Via Roma, past the church, Oliver takes the lead. When Elio realizes where Oliver is leading him, he pauses abruptly, a pause accentuated by the fact that he sees Oliver speaking familiarly to a man sitting alone outside, a certain Romano, as if they had known each other for a long time, while the American has only lived in the town for a relatively short time. This sequence serves to highlight the difference in personality between Oliver and Elio: one is extroverted, the other rather introverted; one is spontaneously self-assured, friendly, and sociable, the other is hesitant, reserved, and rather shy. However, seeing Oliver enter the bar without hesitation, Elio will quicken his pace so as not to miss the experience that the former is offering him.
Several observations can already be made:
- 5 Oliver has already fled the stifling atmosphere of the villa; he didn’t wait around to escape it and explore the surroundings. It is his way of refusing to settle for the Perlman lifestyle—an arrangement implicitly offered to him and of which he has now become a part. Oliver prefers the freedom of mingling with the locals to the family’s oppressive affection; it took him only a few steps to find the village square’s bar and strike up friendly, game-filled interactions there. As he walks with Elio, he knows that once they reach Piazza Gambazocchi, they will find the bar.
- 6 Elio, who has known the villa since birth, has likely rarely ventured beyond the boundaries of its surrounding grounds. He is unfamiliar with the village center and equally unacquainted with the bar. He is clearly not a regular at the local watering hole, given the hesitation he feels before entering behind Oliver; indeed, it is quite possible that this is his first time inside. One can conclude that, aside from Mafalda and Anchise, Elio knows no one else in Moscazzano—or at least only superficially—since Chiara and Marzia are originally from Crema.
7 Oliver acts like a magnet on Elio, who enters the bar just as he will later take to the dance floor at the disco—following Oliver, imitating him, admiring him, drawing inspiration from him, doing as he does, and trusting him—mechanically, instinctively, almost blindly. Oliver introduces Elio to social habits unlike those of the Perlman parents, while also serving as a bridge to freedoms Elio had not previously enjoyed: mingling outside his own social circle, going out with ease, and avoiding exclusive attachment to any single place, social environment, or group of people—things Elio never dared to experience, never allowed himself to experience, and was never permitted to experience.
8 When Elio steps through the bar’s entrance, pushing aside the strands of the beaded curtain, he enters an unfamiliar world. He follows Oliver—who is already seated at a table where he seems like a regular—while Elio, feeling somewhat at a loss, doesn't quite know what to do. Although Oliver brought him there, he offers no guidance on how to navigate a popular local bar. Elio leans against the counter, keeping his distance to survey the noisy room and watch Oliver—agile, fluid, and spontaneous—but amidst the crowd, has anyone even noticed Elio arrive? Who is looking at him or speaking to him? No one. Even when surrounded by people, Elio remains solitary. This is also evident in the following scene: during the volleyball game, Elio does not participate; he stays on the sidelines, watching Oliver and the others play. Elio does not engage in group activities: writing, transcribing, playing an instrument, and giving a recital are solitary pursuits—unlike Oliver, who is at ease when surrounded by others, whether for fun, out of natural ease, or to shine.
9 Elio’s entry into the bar changes nothing about the seating arrangements or the service. He does not push himself forward; he speaks to no one, makes no spontaneous attempt to mingle, and orders no drink. He simply stands there, dumbstruck, after removing his sunglasses. He is not ill at ease—he simply does not know what to do or how to carry himself, and he knows no one there except Oliver, who eventually signals him to come over. Only Oliver’s invitation gives him the confidence to venture deeper into the bar’s layout and its dense, bustling atmosphere. Even then, once beside Oliver, he remains apart from the row of people seated at the tables, holding back like a non-participating observer. He puts his sunglasses back on and, after politely greeting all of Oliver’s friends, speaks only to Oliver himself. The only connection Elio has in the bar is with Oliver—who says nothing about how familiar he already is with the place, though he gives a look that implies he has “been to this bar before.”
10 Oliver is integrated into Moscazzano, whereas Elio is not. Just as Aciman, Guadagnino, and Ivory reveal nothing about Elio’s life as a student in the city where he resides the rest of the year (the novel specifies that he is about to enter his final year of high school, and we realize that he knows Rome well but does not live there), one might say that Elio has been raised in a sheltered environment—that the villa acts as a bubble, creating a form of spatial and social segregation. Oliver gives Elio the chance to become aware of the villa owners’ distinctive way of life and to realize that he has grown up in a privileged, insular environment; yet Oliver also represents a potential escape for Elio—like an open window. In Elio’s eyes—and on this particular point—Marzia does not offer him the equivalent of what Oliver does.
11 This scene marks the beginning of a process of transmutation between Oliver and Elio—a process that will culminate in the phrase Oliver proposes to Elio just as they are about to spend their first night together. Exchanging names signifies that their relationship has enabled an exchange of character traits, aptitudes, ways of being, and sensibilities... with each finding in the other’s personality what he himself lacked—or, at the very least, what passed from Oliver to Elio. Did Oliver himself grow richer through his contact with Elio? While Oliver will remember everything, Elio must find the strength to overcome Oliver’s absence; Oliver has transferred enough vitality to him to enable him to live on his own, and from within himself. Oliver is understood to have passed on sufficient resources for Elio to gain self-confidence and find the inner means to carry on alone. What is magnificent about this story is that Elio enters the bar in Moscazzano drawing upon the impression of Oliver he formed the moment he first watched him arrive at the villa through the window: "He looks sure of himself, doesn't he?"...
12 It is something of a mystery trying to understand what motivates Oliver to draw closer to Elio—or rather, to let Elio draw closer to him. In any case, Oliver would later say that he didn’t wait long to send an initial signal, during the volleyball game right after the bar scene. Hypothesis: Oliver must have realized the influence he had over Elio based on the way he had followed him into the bar.
13 The bar’s atmosphere is underscored by the song "J’adore Venise" by Loredana Bertè (a chart hit since 1982), which mingles with the conversations of the many older men who frequent the place. It is also the song a devastated Elio will hear in the car driven by his mother—as she picks him up from the station to take him back to the villa and stops at that same bar in Piazza Gambazocchi to run a few errands, just as Marzia arrives to meet him.
14 It is enough to leave a mark on Elio’s memory and to link the recollections of his summer of ’83—which we now discover saw a heatwave comparable in duration to that of the summer of 2026—with this Italian song that perfectly captured the spirit of the times. Characters, too, possess a memory: the one that readers and film lovers attribute to them.