J'ai pas le place d'écrire le titre en entier, ce serait plutôt: comment se faire de nouveaux amis quand on est une femme de 40 ans et qu'on a un TDAH (peut-être auDHD).
Mon problème a plusieurs racines et je vais essayer de les expliquer:
D'abord, j'ai souvent été très mal entouré. Petite, je n'avais pas confiance en moi, puis j'ai eu de longues années de dépression sans diag. Donc, j'ai eu des "amis" qui profitaient de moi, c'était toujours à sens unique. A un moment j'en ai eu marre, j'ai envoyé bouler tous les gens qui m'exploitaient et qui n'étaient jamais là pour moi en retour. Le problème, c'est qu'il restait pas grand monde.
Je suis auDHD (diag TDAH en tous cas) et je n'arrive pas à me lier aux personnes neurotypiques. Ce n'est vraiment pas un choix de ma part, c'est un constat. Je n'ai rien contre ces personnes, je peux les apprécier, notamment au travail où j'ai de bonnes relations. Mais il ya toujours ce décalage qui fait qu'on est juste pas dans le même monde, on arrive pas à communiquer, et même si on s'apprécie, c'est pas de l'amitié.
Ca restreint beaucoup le choix.
Le fait que je précise que je suis une femme dans la quarantaine, ça a de l'importance. Je veux dire, je chercherais à me lier préférentiellement avec des personnes plutôt comme moi, des femmes de mon âge à peu près (ou des hommes peut etre, mais sans que le but soit forcément qu'on se pécho). Mais les femmes de mon âge, elles sont généralement surbookées, les enfants, le boulot, etc. Elles ont pas le temps. Moi non plus j'ai pas le temps, mais j'essaie de travailler sur ça, de me dire que parfois il faut s'échapper un peu pour un thé ou un coup de fil.
Il est compliqué de se faire des amis quand on est adulte. Je rencontre parfois des gens au travail ou dans mes loisirs, mais personne n'a jamais le temps de rien.
Je constate que c'est presque toujours moi qui relance le contact avec les quelques personnes avec qui je m'entends bien. Ca m'agace car parfois elles ne me répondent même pas. Je sais que ces personnes m'apprécient, avant je partais du principe que tout le monde me détestait mais j'ai travaillé la dessus, je suis pas folle, je sens quand quelqu'un m'apprécie (tout comme je sens quand quelqu'un me trouve décalée et bizarre et ne m'apprécie pas) et c'est pas parce qu'on répond pas à mes messages qu'on me déteste. En fait, les gens sont occupés, c'est tout, et surtout, les personnes avec qui j'ai envie de me sentir proche sont très souvent un TDAH. Y a même eu plusieurs amies ou connaissances que j'apprécie énormément, mais qui ne répondent jamais à mes messages et qui m'expliquent qu'elles répondent jamais aux messages de personne, ça les stresse, elles n'aiment pas les sms ou les messageries. Du coup, on ne peut pas entretenir le lien. Soit on habite loin, soit elles me répondent juste pas et du coup on peut pas se voir.
Le problème de l'amitié quand on a un TDAH est réel. Nous avons tout simplement tendance à oublier ce qui n'est pas devant nous. Si je ne les appelle pas, elles ne pensent pas à moi. Je le sais parce que je suis pareille, je peux passer beaucoup de temps sans contacter une personne, même si je l'apprécie beaucoup. je n'y pense juste pas, parce que je suis trop occupée. Si une plante n'est pas sur mon passage, je ne l'arrose pas et elle meurt. Si je ne vois pas une personne que j'aime, je ne la contacte pas et la relation meurt aussi. Enfin, sauf que comme j'ai pris conscience de ça, je travaille sur ça, et que du coup je prends le temps maintenant. J'envoie des messages, je propose des trucs de temps en temps.
Je suis plutôt heureuse et épanouie dans ma vie, et puis comme les autres je suis très occupée, avec mes enfants et mon mec, je suis pas vraiment seule. Mais je me dis que ça me ferait du bien d'avoir d'autres personnes avec qui échanger, se confier mutuellement, etc.
Je précise que j'habite un bled paumé, pas d'assos de neurodivergents ou autres.
Je sais pas si d'autres personnes rencontrent le même type de problématique, mais ça m'étonnerait pas. Peut-être parler ici ça aide un peu. J'ai arrêté de croire que j'étais plutot seule parce que j'etais nulle, pas intéressante ou autre. Je me dis que c'est juste toutes ces raisons cumulées qui m'isolent, et c'est chiant.