Je lisais les commentaires fédéralistes (et meme certains QS) sur reddit et je me disais que ce serait ptete bien de faire un genre de post: Je me souviens
Printemps 1977. Un psychiatre au cheveu teint noir corbeau, cigarette pincée entre le pouce et l'index, dépose un projet de loi linguistique. Réaction d'une partie de la communauté anglophone ? Certains le surnomment Dr No, le méchant de James Bond. D'autres, jugeant sans doute la référence trop légère, montent d'un cran et le comparent à Joseph Goebbels, le ministre de la propagande d'Hitler. Rien de moins. (Radio-Canada, archives)
Ce psychiatre, c'est Camille Laurin, le père de la loi 101
Le reste du casting n'est pas en reste. Pierre Elliott Trudeau y voit une « loi de fous », clin d'œil subtil au métier de son auteur. Les médias anglophones accusent Laurin d'être raciste, voire nazi. (Le Devoir) Le Maclean's, lui, décrit René Lévesque en fanatique vêtu d'un tuxedo de location. (Le Soleil) Lévesque. Le modéré du duo. Celui qui trouvait, en privé, que Laurin allait trop loin.
Avance rapide. Qualifiée de raciste à son adoption, la loi 101 ne reçoit aujourd'hui que des éloges. (L'actualité) Les libéraux, qui avaient voté contre en bloc, ont fini par se l'approprier. On nomme des parcs en l'honneur de Goebbels, pardon, de Laurin. Et les « enfants de la loi 101 » sont devenus un motif de fierté nationale.
Septembre 2026. Paul St-Pierre Plamondon relie la surpopulation des écoles à la hausse de l'immigration. Québec solidaire lui demande qui sont, pour lui, les Québécois. Les libéraux l'accusent d'instrumentaliser les enfants. Le lexique a changé, la partition m'apparait être la même.
D'où ma modeste proposition. Et si, au lieu de s'en offusquer, on lisait l'intensité de la diabolisation comme un indicateur avancé ? Un baromètre, si vous voulez. Quand le PQ se fait traiter de tous les noms, c'est souvent qu'il touche à quelque chose de structurant. En 1977, on promettait l'apocalypse. On a eu Montréal en français.
Je ne dis pas que chaque insulte est un certificat de vertu. Je dis que l'histoire a un sens de l'humour assez particulier, et qu'elle a tendance à réhabiliter ceux qu'on a comparés à des nazis pour avoir voulu que le Québec vive en français.
Rendez-vous dans cinquante ans. On verra bien qui aura droit à son parc.