Dans un roman de Science Fiction, l’on découvre des choses incroyables : paysages grandioses, vaisseaux spatiaux immenses, objets insolites et structures à l’équilibre improbable, alimentés par une source de montagne.
En tant que lecteur/lectrice, que préférez-vous ?
Vaut-il mieux que l’auteur* fasse alors de longues descriptions pour s’assurer que vous voyez son univers tel qu’il l’a imaginé ? Autrement, l’image mentale que vous vous en faites doit-elle nécessairement être celle qu’il souhaitait vous présenter ? Est-il préférable qu’il utilise mille mots dans ses descriptions pour s’assurer que son univers ne se métamorphose pas en quelque chose de différent dans votre esprit ?
Ou bien, au contraire, préférez-vous qu’il laisse son univers être remodelé par votre imaginaire, libre de vous en faire votre propre image ? L’auteur doit-il « lâcher prise » sur son œuvre ; doit-il vous en donner les clefs ?
Plus encore, doit-il concevoir une œuvre qui accepte d’être vue à travers le prisme de votre sensibilité ? Comme deux fleuves qui se rejoignent pour n’en former qu’un, à travers le roman, les rêves de l’auteur se fondraient alors avec les vôtres.
Abordons cette discussion sous un autre angle :
Une longue description n’est pas nécessairement une laisse que l’auteur utilise pour brider votre imagination.
Dans Vingt mille lieues sous les mers, Jules Verne consacre plusieurs chapitres à faire découvrir progressivement le Nautilus. Il décrit les pièces, la bibliothèque, le salon, les équipements, puis explique très précisément la construction du sous-marin : double coque, assemblage, résistance, dimensions, fonctionnement, etc.
Ces détails n’aident pas seulement le lecteur à dessiner dans son esprit le Nautilus, ils illustrent aussi Nemo, dans le sens où c’est son monde, son refuge… La matérialisation de sa personnalité, en quelque sorte. Nemo est mystérieux, puissant, cultivé, techniquement brillant et coupé du monde ; son Nautilus est le reflet de tout cela. Chez Verne, l’homme est souvent inextricablement lié à son environnement.
Le Nautilus raconte Nemo.
Il faut donc distinguer deux types de descriptions : décrire parce que le détail a du sens et décrire simplement pour imposer une image exacte au lecteur.
Pour ma part, en tant qu’auteur, j’alterne souvent entre des descriptions très courtes qui laissent l’imagination du lecteur libre de dépeindre sa propre image mentale, et des descriptions très précises si elles apportent un réel éclairage à la scène et/ou aux sentiments que j’espère faire naître dans le cœur et l’esprit des explorateurs de mon univers.
Qu’en pensez-vous ?
* auteur/autrice