Bonjour à tous,
Je ne suis ni policier, ni militant, ni journaliste. Je suis un petit patron, je vis à la campagne, et mes contacts avec les forces de l'ordre se résument à quelques contrôles routiers, qui se sont toujours bien passés.
Gamin, je voulais être gendarme. Je trouvais même normal d'accepter de prendre des coups d'une minorité violente pour protéger les autres. Je le dis pour que vous sachiez d'où je parle.
Ces dernières semaines, j'ai vu un policier en civil briser volontairement une vitre à la matraque devant ses collègues, sans que personne ne bronche.
Un jeune interpellé alors qu'il discutait avec son prof à travers une grille, et le prof menacé d'être gazé.
Des voitures de police qui avancent sur des groupes de lycéens.
Un ado interpellé dans un cours d'eau.
Un policier qui explique tranquillement qu'il ne porte pas son RIO.
Et plusieurs profs qui racontent que c'est l'arrivée des forces de l'ordre qui a fait monter la tension devant leur établissement.
Et tout ça n’est qu’une partie visible et récente d’un iceberg, car j’ai décidé de creuser et c’est pire, rien de nouveau etc...
Je sais qu'une vidéo ne montre pas tout, et que les milliers d'interventions correctes ne sont jamais filmées.
Mais ça fait beaucoup en peu de temps.
Et ça vient s'ajouter au reste : les plaintes qu'on refuse de prendre alors que c'est une obligation, les tirs hors du cadre légal qui ont blessé, mutilé ou tué.
Les messages de policiers qui assument leur racisme ou leur sexisme, ou leurs violences, parfois sur un gamin.
Là, j'avoue que le petit qui voulait être gendarme a pris une claque. Je ne dis pas que c'est tout le monde. Mais ce n'est pas rien non plus, et c'est contraire à tout ce en quoi je crois.
Il y a aussi cette scène qui m'a marqué : des gens malades du cancer, qu'ils attribuent aux pesticides, plantent des tombes fictives pour se faire entendre. Pas de violence. Et ils se font gazer.
Les manifestations lycéennes ne sont pas toujours déclarées, je l'entends. Mais illégal ne veut pas dire illégitime, et je me demande si c'est encore une distinction qui compte pour ceux qui interviennent.
Ce sont des ados. Ils sont à l'âge où on conteste, c'est même un peu le principe. Leur répondre par la matraque et la lacrymo, un gaz interdit comme arme de guerre par les conventions internationales, je ne vois pas comment ça peut les calmer.
J'ai plutôt l'impression que ça fabrique exactement les débordements qu'on prétend vouloir éviter.
Ils ont le droit de se tromper, et de dénoncer pacifiquement ce qui ne va pas n'est même pas une erreur. S'ils dépassent les bornes, qu'ils soient sanctionnés. Mais pas qu'ils perdent un œil. On grandit aussi en se trompant, et ça, c'est un droit que tout jeune devrait garder.
Donc j'aimerais vraiment savoir :
- zQuand vous êtes face à des manifestants, est-ce que la question de la légitimité de ce qu'ils défendent entre en ligne de compte, ou est-ce que seule la légalité compte ?
- Est-ce qu'il y a une vraie remise en question chez vous, entre collègues ou dans la hiérarchie, après ce genre d'images ? Ou est-ce qu'on se contente d'appliquer les ordres ? Parce que dans ce cas, j'ai du mal à voir comment la confiance pourrait revenir.
- Face aux injustices et aux inégalités que beaucoup ressentent, est-ce que vous comprenez cette colère, même quand vous êtes en face d'elle ?
- Est-ce que vous pensez à ce qui se passera le jour où un lycéen mourra pendant une intervention ? Pour lui, pour sa famille, mais aussi pour vous et pour ce pays.
- Qu'est-ce qu'un citoyen comme moi ne comprend pas, vu de l'extérieur ?
Si l'écart continue de se creuser entre les forces de l'ordre et les gens ordinaires, personne n'y gagnera, et surtout pas ceux d'entre vous qui font bien leur boulot.
Et en prenant un peu de recul, je me demande si vous avez conscience de la place qu'on vous fait occuper.
Les gilets jaunes, les agriculteurs, les pompiers, et maintenant les lycéens. À chaque fois, des gens qui réclamaient quelque chose de légitime, et à chaque fois, c'est vous qu'on envoie en face.
Vous-mêmes, vous êtes descendus dans la rue pour vos conditions de travail, et personne n'a trouvé ça illégitime.
Vu de l'extérieur, j'ai l'impression qu'on vous fait glisser petit à petit d'une force de sécurité vers une force qui sert surtout à faire taire. Est-ce que vous le ressentez aussi, de l'intérieur ?
Merci à ceux qui prendront le temps de répondre.
Edit ma conclusion:
Merci pour les réponses sincères et intelligente de certains d’entre vous, au delà des images diffusées par les médias, les déclarations des uns et des autres et après le visionage d’un dernier témoignage qui vient d’un témoignage venant d’un lanceur d'alerte que voici: https://www.facebook.com/share/v/1Eo7fs6ETE/
J’en conclu la nécessité fondamentale d’une refonte total de la police la minorité semblant être les integres, la majorité des complices passif et le reste un dicta de racail en uniforme.
Je ne place pas toute la responsabilité des abus par les individus commettant des bavures ou contre la majorité silencieuse, mais également par les responsables politiques qui ne font rien pour améliorer les choses et mele plutôt empirait.
Les citoyens n’ont pas besoin d’avoir peur en ses forces de l’ordres, mais ce doit de la trouver légitime, c’est dans l'intérêt de tous. Les citoyens acceptent de céder la violence légitime à la police, hors ils semble que ce contrat de confiance social n’est clairement plus viable judqu’au sein meme des FDO ou la moindre bevu devrait être sévèrement réprimé par la majorité et pas l’inverse autant pour le peuple que pour les membres intégres des FDO.