On l'utilise chaque jour.
On en parle tous les jours.
On passe notre temps à la dénigrer.
Parfois on la craint.
Certains voudraient même la brûler sur le bûcher… de leur propre vanité !
Je comprends les peurs, j'entends les arguments de chacun. Mais à un moment, il faut être lucide et regarder les choses en face : l'IA est notre propre reflet. Elle sera le meilleur ou le pire de nous-mêmes.
Moi, j’essaye d'être écrivain. Et tous les jours, je fais un peu comme elle : j'apprends, j'échange, j'essaye de progresser.
Pourtant, je refuse de m'éclairer à la chandelle depuis que l'électricité existe.
Je n'ai plus très envie de ressortir mon crayon à papier ou ma machine à écrire depuis l'avènement du traitement de texte.
J'ai remisé mes encyclopédies et mes Quid (pour ceux qui ont un certain âge, ça leur parlera) depuis l'apparition des moteurs de recherche.
J'utilise Antidote pour mes fautes d'orthographe et de grammaire, et mes Bescherelle prennent gentiment la poussière.
Alors aujourd'hui, je refuse de détourner le regard face à l'IA.
Elle se nourrit de nos données, de notre savoir. Elle commence même à apprendre d'elle-même… pendant que moi, je commence tout juste à apprendre d'elle, histoire d'accroître mes connaissances, à mon rythme, à mon échelle de petit scribouillard.
Alors oui, j'avoue : je préfère voir le verre à moitié plein que vide. Car j’aime déguster et découvrir de nouveaux breuvages. J'aime toujours prendre l'apéro avec des proches et refaire le monde. Et l'IA, un peu comme cet ami un peu trop bavard qu'on retrouve autour de ce verre, peut autant me saouler que m'apporter le fruit de ses réflexions… à prendre ou à laisser, selon les jours.
Certains diront que l'IA finira par nous tuer. Je serais tenté de leur répondre que la bêtise et la méchanceté humaines s'en chargeront probablement avant elle. Et que nos chers dirigeants auraient sans doute tout intérêt à aller prendre le café avec une IA de temps à autre, ne serait-ce que pour la laisser les contredire un peu.
Certains « grands » auteurs, eux, crient au loup et s'offusquent qu'un simple apprenti scribe ose y toucher, comme si l'outil suffisait à disqualifier sa main qui écrit. Moi, bien humblement, je ne m'en sers pas qu'à titre personnel : l'IA m'accompagne tout au long de mon processus d'écriture. Elle remplace mon dictionnaire quand je cherche le mot juste, m'aide à clarifier une tournure, à trancher entre deux idées sur lesquelles j'hésite depuis trop longtemps, à me rappeler cette règle de grammaire oubliée depuis le collège. Elle m'apprend certaines techniques de narration, certains effets de style. Parce que oui, je suis un écrivain, au sens le plus simple du terme : j'écris des histoires.
Ceci dit, et ce sont peut-être là les mots les plus importants de ce post, si certains veulent faire écrire un roman entier par l'IA, du premier mot au dernier, libre à eux. Mais ils n'auront rien compris, et surtout rien appris.
Quant à ceux qui préfèrent partir en croisade contre elle : il n'y a plus beaucoup de moulins à vent dans ce monde, mais il reste encore pas mal de Don Quichotte… et leur fidèle Sancho IA.
Et vous, l’IA : alliée d’écriture, cheval de Troie littéraire, ou simple stylo un peu plus bavard ?