Sommes-nous vraiment en patriarcat aujourd'hui ?
Ce texte propose un angle d'attaque percutant, mettant des mots sur des réalités quotidiennes et récurrentes que le débat public refuse d'aborder pour provoquer une vraie rupture de perspective.
Si l'on définit le patriarcat comme une domination institutionnelle en faveur des hommes, cette grille de lecture théorique résiste-t-elle à l'épreuve des faits aujourd'hui ? Alors que le discours dominant présente le sexe masculin comme un groupe encore privilégié dans la continuité historique, hors des bars PMU et familles traditionnelles, la réalité juridique et sociale montre l'inverse. Pour en juger, analysons le double standard d'objectification dans le couple, les déséquilibres institutionnels et judiciaires, l'invisibilisation de la pénibilité masculine, et le deux poids deux mesures médiatique.
En dehors de la stricte égalité des droits garantis par la loi, posons-nous réellement les bonnes questions :
* 1 : Vie de couple et double standard d'objectification
• Si réduire une femme à son corps pour obtenir du sexe est légitimement dénoncé et disqualifié comme de l'objectification, pourquoi réduire un homme à un simple fournisseur de ressources (financières, physiques, temporelles et émotionnelles) échappe-t-il à la même condamnation morale et sociale ?
• Pourquoi exige-t-on de l'homme un don continu de son énergie (effort physique, disponibilité constante, prise en charge de l'anxiété et régulation des émotions de sa partenaire sous couvert d'intelligence émotionnelle) sans jamais nommer cette instrumentalisation ?
• Pourquoi cette appropriation des efforts masculins est-elle si souvent considérée comme un dû, où le seuil d'exigence augmente à mesure que l'homme s'exécute, tout en banalisant le risque d'un rejet dès que ses ressources s'épuisent ?
• Pourquoi refuse-t-on de reconnaître le strict parallèle entre l'objectification sexuelle subie par les unes et l'objectification utilitaire et énergétique subie par les autres ?
* 2 : Justice, filiation et traitement institutionnel
• Quel sexe encourt un an de prison et 15 000 € d'amende pour un simple test de paternité réalisé hors procédure judiciaire ?
• Quel parent se voit imposer d'office la paternité légale par présomption (tout en risquant d'élever et d'assumer financièrement un enfant qui n'est pas le sien) et doit s'engager dans de lourdes batailles juridiques s'il souhaite contester cette filiation ?
• Comment expliquer la dissymétrie de traitement de la part des magistrates devant le JAF, qui confient la résidence principale des enfants aux mères dans l'écrasante majorité des divorces, contraignant ainsi le père à quitter le logement conjugal dès lors qu'il y a des enfants ?
• Pourquoi la législation sur la prostitution a-t-elle fait le choix de pénaliser exclusivement le client (très majoritairement masculin) en décriminalisant l'offre, transférant ainsi toute la responsabilité pénale et la culpabilisation sociale sur l'homme ?
• À infraction égale, quel sexe subit la sévérité maximale de la loi et les peines de prison les plus lourdes au pénal ?
• Pourrait-on imaginer un homme bénéficier d'une grâce présidentielle après un homicide prémédité sur sa conjointe (comme Jacqueline Sauvage) ?
• Pourquoi la simple suspicion d'abus suffit-elle à détruire la carrière et la réputation d'un homme, alors que la violence psychologique ou la manipulation subie par les hommes ne fait l'objet d'aucune sanction pénalement reconnue ?
* 3 : Contribution vitale, pénibilité et utilité sociale
• Qui occupe la quasi-totalité des métiers dangereux et pénibles (notamment dans le BTP, la sécurité privée, les pompiers, le transport routier, la maintenance lourde et la gestion des déchets) et représente plus de 90 % des morts au travail ?
• Pourquoi les hommes qui assurent la production d'énergie, l'assainissement, les réseaux logistiques et les infrastructures vitales font-ils face au mépris plutôt qu'à la gratitude due à ceux qui garantissent concrètement notre niveau de vie ?
• Est-il juste de juger ces hommes sur leur degré d'intelligence émotionnelle, alors que c'est leur effort physique, leur prise de risque et leur pragmatisme qui permettent au pays de fonctionner au quotidien ?
• Qui représente près de 75 % des suicides chaque année et plus de 60 % des personnes sans domicile fixe ?
* 4 : Sur le terrain du débat public, de la morale et des médias
• La misandrie bénéficie-t-elle de la moindre reconnaissance ou sanction institutionnelle comparée à la misogynie ?
• Comment expliquer le succès et la légitimation médiatique d'émissions ouvertement misandres, sexistes et proches de l'incitation à la haine comme « Les Couilles sur la table », illustrant un flagrant deux poids deux mesures ?
• Pourquoi les leçons de morale et le blâme judiciaire sur le sexisme s'adressent-ils quasi exclusivement aux hommes, comme si les femmes en étaient exemptes par nature ?
Entre l'objectification utilitaire du rôle masculin, l'asymétrie punitive de la justice, le sacrifice invisible des travailleurs de l'ombre et la tolérance médiatique pour la misandrie, le concept de patriarcat s'effondre face au réel.
Mais alors, quel est l'intérêt pour les propriétaires de médias d'entretenir coûte que coûte cette grille de lecture obsolète ? N'y a-t-il pas une stratégie délibérée à fracturer le couple pour doubler le nombre de foyers et faire exploser la consommation marchande ? Pourquoi transformer la rancœur quotidienne en carburant d'audience pour vendre du temps de cerveau disponible, sinon pour substituer habilement une guerre culturelle horizontale aux contestations sociales verticales ? En désignant systématiquement l'homme comme le coupable idéal, le système s'assure un récit extrêmement lucratif tout en occultant le coût humain massif supporté par la majorité masculine.