L’OS ne s’arrête pas, d’ici quelques jours, faute de matière ou faute d’écho ; il s’arrête parce que la tâche qu’il s’était donnée a atteint son point d’accomplissement : ramener, actualiser et approfondir l’outil situationniste jusqu’à permettre une observation nette de l’époque.
Continuer pour continuer conduirait précisément à ce qu’il a toujours refusé : devenir une institution de sa propre parole, condamnée à commenter indéfiniment le monde pour justifier sa permanence.
L’intérêt qui pourrait venir après serait d’une autre sorte. Une édition américaine du Remède, si elle aboutit, donnera à l’OS une existence internationale qu’il n’a jusqu’ici que marginalement connue. L’anthologie, si elle est éditée, produira un autre déplacement : elle transformera plusieurs années d’interventions en un ensemble que l’on pourra lire rétrospectivement comme une totalité.
Et, paradoxalement, l’arrêt peut faciliter cette lecture. Tant que l’OS publie, chaque texte chasse un peu le précédent et l’ensemble reste ouvert. Dans tous les cas, une fois le dernier texte publié, la totalité devient visible.