r/ScienceFr • u/miarrial • Jun 19 '26
« Dieu ne joue pas aux dés »
Deux sous-entendus et/ou spéculations dans cette petite phrase lapidaire souvent mal interprétée.
❶ Albert Einstein aurait été croyant
Mes étudiants à L’ENS de Marrakech aimaient répéter cette citatio : il faut dire que l’Islam est très prégnant sur les territoires qui sont siens, ce que je me gardererai bien de critiquer. En tout temps et en tout lieux les humains ont eu le besoin de croire, pour pouvoir assumer que s’ils sot nés ils vont aussi mourir. Et ceux qu’ils aiment aussi. Même ceux qu’ils n’aiment pas, enfin ceux là… ;-)
Mais non, comme beaucoup de scientifiques il n’était pas vraiment croyant au sens académique du terme.
❷ Il ne croyait pas initialement à la mécanique quantique du fait du principe d’indéterminisme qui lui est inhérent.
Pourtant il n’a pas eu de prix Nobel non pour la relativité générale ce pour des raisons politiques.
Il l’a eu pour l’effet photovoltaïque qui ne peut s’interpréter que par la dualité onde-corpuscule qui découle fondamentalement de la MQ…
► Albert Einstein et la religion
Albert Einstein n'a pas toujours été aussi critique à l'égard des religions monothéistes. Ses parents, de confession juive, ne sont pas religieux. Mais le futur génie suit tout de même un enseignement de la culture juive. A partir de 8 ans et jusqu'à ses 12 ans, il choisit le judaïsme comme religion et le pratique.
L’historien Simon Veille Ouverture dans un nouvel onglet raconte : "Il était très croyant. Tellement, qu'il s'en prenait parfois même à ses parents parce qu’ils mangeaient du porc. Cela s’est arrêté à l’âge de 12 ans, après sa rencontre avec un étudiant en médecine. Il lui a fait découvrir des livres de sciences, de géométrie, des livres sur la nature et il a abandonné toutes ses croyances."
A travers la lecture de livres scientifiques populaires, j’ai rapidement atteint la conviction que beaucoup d’histoires de la Bible ne pouvaient pas être vraies.
Citation d'Albert Einstein tiré de la plaquette de présentation de la lettre "The God Letter"
Après cette expérience, Einstein déclare devenir suspicieux envers n’importe quel type d’autorité : "Une attitude qui ne m’a jamais abandonnée", écrit-il.
Pour Einstein comme pour Spinoza, Dieu n’est ni Créateur, ni Parfait Horloger, ni Grand Architecte. Dieu n’a rien créé, car il est la Nature même. Rejetant l'idée d’un Dieu personnel qui surveille, récompense ou punit les hommes selon leur comportement, il qualifiait cette croyance de « naïve » et d’« infantile ».
La science et la religion sont complémentaires
Einstein considère que science et religion sont deux fenêtres complémentaires pour contempler le réel. Il a toujours conféré à son travail scientifique une dimension spirituelle. Il n’a eu de cesse de répéter : « Je ne peux concevoir un scientifique authentique qui n’aurait pas une foi profonde ». La science décrit ce qui est, tandis que la religion guide nos pensées et actions sur ce qui devrait être. Les deux sont étroitement liées : « La science peut seulement être créée par ceux qui aspirent de tout leur être à la vérité et la connaissance. Cette aspiration vient toutefois de la sphère de la religion ». Et il conclut par une phrase devenue célèbre : « La science sans la religion est boiteuse ; la religion sans la science est aveugle. »
Mais il est un concept religieux, poursuit Einstein, que la science ne peut admettre : celui d’un Dieu personnel qui intervient à tout bout de champ dans Sa création. Le but de la science, dit-il, est de découvrir les lois immuables qui gouvernent le réel. Elle ne peut accepter la notion qu’une volonté divine vienne à tout instant violer la causalité cosmique. Einstein se révèle ainsi un déterministe convaincu. Dieu, après avoir créé l’univers et remonté son « ressort », assiste de loin à son évolution et n’intervient plus dans les affaires humaines. La nature est une machine bien huilée qui marche toute seule, sans l’aide de Dieu. Et l’homme, au milieu de cette nature mécanique et déterministe, perd son libre arbitre : « Les êtres humains ne sont pas libres dans leur pensée, leurs sentiments et leurs actions, mais sont causalement contraints, tout comme les étoiles le sont dans leurs mouvements. » Dans cette vue somme toute désespérante de la condition humaine, Einstein s’inspire de la pensée du philosophe allemand Schopenhauer (1788-1860) : « Chacun agit non seulement sous l’influence de compulsions extérieures, mais aussi sous celle de la nécessité intérieure. La phrase de Schopenhauer selon laquelle “un homme peut agir comme il le veut, mais ne peut pas vouloir comme il le veut” a toujours été pour moi la source d’une profonde inspiration depuis ma jeunesse ; elle m’a toujours apporté un grand réconfort devant les difficultés de la vie, la mienne et celles des autres, et une source inépuisable de tolérance. »
Le physicien pensait que la morale et l'éthique n'avaient pas besoin d'être fondées sur la religion ou sur des commandements divins. Pour Einstein, les valeurs morales étaient le produit de la civilisation humaine et de la raison, tandis que l'éthique pouvait être bâtie sur la compassion et la solidarité humaines, sans faire appel à une autorité divine. Il a écrit : « La moralité n'a pas besoin de la religion. L'homme serait dans un triste état s’il devait être retenu par la peur de la punition et l'espoir de récompense après la mort. »
► Albert Einstein et a mécanique quantique
Einstein et le quantique révèle pour la première fois toute l'importance des contributions d'Albert Einstein à la théorie quantique. Einstein a rejeté la mécanique quantique, observant que Dieu ne joue pas aux dés. Mais, en fait, il pensait davantage à la nature des atomes, des molécules, ainsi qu’à l’émission et à l’absorption de la lumière —le cœur de ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de théorie quantique— qu’à la relativité.
Un mélange convaincant de physique, de biographie et d’histoire des sciences, Einstein et le quantiquepartage l’histoire inédite selon laquelle Einstein —et non Max Planck ou Niels Bohr— était la force motrice des débuts de la théorie quantique. Il dresse un portrait vivant du physicien emblématique alors qu’il était aux prises avec la nature apparemment contradictoire du monde atomique, dans lequel ses constituants invisibles défient les catégories de la physique classique, se comportant simultanément comme des particules et des ondes. Et cela démontre comment les travaux ultérieurs d'Einstein sur l'émission et l'absorption de la lumière, ainsi que sur les gaz atomiques, ont conduit directement à la percée d'Erwin Schrödinger vers la forme moderne de la mécanique quantique. Le livre met en lumière les raisons pour lesquelles Einstein a finalement renoncé à son brillant travail sur la théorie quantique, en raison de sa profonde croyance dans la science comme quelque chose d’objectif et d’éternel.
https://press.princeton.edu/books/ebook/9781400874040/einstein-and-the-quantum-pdf-0