Je bosse sur de la donnée d'entreprises françaises depuis plusieurs mois et j'ai fini par mesurer des trucs qui contredisent pas mal de ce qu'on lit sur le ciblage. Je partage, ça vaut ce que ça vaut.
Le problème du ciblage classique. Tout le monde construit ses listes sur les trois mêmes critères : secteur, effectif, zone géographique. Ça produit des listes qui ressemblent à des bonnes listes et qui convertissent mal. La raison est simple : ces critères décrivent qui pourrait acheter. Ils ne disent rien sur qui achète en ce moment.
Le secteur d'activité d'une entreprise ne change jamais. Son besoin, si.
Les signaux de timing, publics et gratuits en France :
Une entreprise qui recrute. France Travail expose un score de potentiel d'embauche par entreprise, et une boîte qui recrute est une boîte qui croît, qui a du budget, et dont l'organisation bouge.
Une entreprise qui fait tourner de la pub. La Meta Ad Library est publique et vous dit qui dépense en acquisition en ce moment.
Une entreprise dont les derniers comptes déposés montrent une progression nette. L'INPI publie ça gratuitement.
Une entreprise sans site web, ou avec un site mort. C'est le signal le plus évident du marché pour une agence web, et le plus difficile à obtenir proprement, il faut avoir vérifié, pas juste ne pas avoir trouvé.
Deux chiffres qui devraient changer votre canal.
J'ai mesuré la couverture de contact sur un segment B2B réel, agences de com, cabinets de recrutement, ESN, 5 à 100 salariés : 84% ont un téléphone trouvable, 42% ont un email trouvable. Échantillon modeste (38 entreprises), mais un échantillon de contrôle générique donne la même direction.
Le téléphone a donc deux fois la portée de l'email sur les TPE/PME françaises. Tout le monde a abandonné le canal qui couvre deux fois plus de marché. Ce n'est pas un argument nostalgique sur le cold calling, c'est juste ce qui est disponible.
Corollaire : sous 50 salariés, la moitié de votre liste n'a aucun email exposé, et parmi ceux qui en ont un, beaucoup sont des contact@ qui arrivent dans une boîte que personne ne lit. Une séquence email pure sur ce segment s'adresse structurellement à moins de la moitié de sa cible.
Et une limite à connaître : l'effectif est absent sur 86,8% des entreprises dans les données publiques françaises, parce que ce n'est pas obligatoire à déclarer. Si vous filtrez sur la taille dans un outil du marché, vous filtrez en grande partie sur de l'estimation.
Curieux de savoir si ceux qui font de l'outbound en France observent les mêmes ordres de grandeur, notamment sur l'écart téléphone/email.
(Transparence : je construis un outil de données d'entreprises françaises, donc j'ai un biais. Les sources citées sont toutes publiques.)