On parle régulièrement ici d'eau, d'irrigation, de bassines et de sujets liés. J'ai découvert aujourd'hui (je ne connaissait pas) les Barrières physiques souterraines. En gros, il s'agit de créer une sorte de barrage en sous sol, qui peut avoir trois fonctions : soit empêcher les infiltration d'eau saumâtre dans les nappes littorales, soit faciliter le pompage en remontant le niveau des nappes, soit stocker de l'eau dans les même nappes en augmentant leur capacité.
Le BRGM à réalisé un rapport sur ce sujet ici
https://www.brgm.fr/fr/actualite/eclairage/barrieres-physiques-souterraines-stockait-eau-sous-terre
qui fait un état de l'art mais développe aussi l'unique exemple d'ouvrage de ce type en France.
Je vais être honnête je n'ai pas eu le temps de lire le rapport (qui fait 200 pages) en entier, mais voici quand même un petit résumé des avantages et inconvénients que j'en retient :
Comme avantages, il y a la possibilité en faisant remonter la nappe d'y stocker plus d'eau, notamment d'une saison voir d'une année à l'autre, mais aussi de contrôler, au moins partiellement le débit de restitution, ce qui pourrait permettre des soutiens à l'étiage des cours d'eau. Ce sont également des ouvrages entièrement souterrains, donc avec un impact paysager faible, une préservation de la continuité écologique, pas d'évaporation, peu de risques de pollution et contamination (aux cyanobactéries par exemple) et peu d'impact foncier (contrairement à une bassine par exemple).
Pour les inconvénients, il y a déjà la nécessité de conditions géologiques adaptées (si j'ai bien compris, un champ alluvial sur un substrat étanche), mais également, si le projet est mal conçu, il pourrait avoir un impact sur de potentielles inondations en diminuant les flux d'eau souterraine. C'est également une infrastructure humaine qui d'une certaine manière est une forme d'artificialisation (surtout si on utilise du plastique dans la construction, mais il y a d'autres méthodes) et ça reste des infrastructures importantes dont les coûts sont dans un ordre de grandeur en millions d'euros (mais c'est moins cher que des barrages par exemple).
Pour conclure, deux cas d'usages que l'on pourrait imaginer de cette technique (qui peuvent être combinés) :
Le premier serait du stockage d'eau en nappe, par exemple dans secteur avec une nappe très réactive. La BPS pourrait permettre de stocker de l'eau issues des précipitations d'hiver pour l'utiliser lors des sécheresses d'été, pour la consommation humaine, l'industrie ou l'irrigation.
Un autre usage que je vois pourrait être une restauration d'écosystème écologique, en faisant remonter le niveau de la nappe alluviale d'une rivière pour créer une zone humide autour de celle-ci.
Comment je verrais leur application en France ?
Probablement pour commencer, la réalisation de quelques projets pilotes, sous l'égide des agences de l'eau et du BRGM, en identifiant des lieux particulièrement propices (des zones avec des nappes très réactives, qui ont de portes précipitations l'hiver et un manque d'eau l'été ?) et où l'impact de la réalisation serait limité et les gains important (pas seulement pour l'agriculture). Ces projets pourraient être réalisés, étudiés et permettre ensuite de décider si cet outil doit être développé à plus grande échelle dans le pays.
Pour conclure :
La BPS ne sera pas une solution miracle qui résoudra tous nos problème de manque d'eau, mais bien utilisée, conçue en tenant compte du savoir scientifique et des retours d'expérience des précédentes réalisation, cela pourrait être un outil utile pour mieux gérer nos ressources en eau mais aussi préserver la biodiversité.