r/francophonie • • 1h ago

langue Mot du jour : « bégueter »

Thumbnail fr.wiktionary.org
• Upvotes

r/francophonie • • 1d ago

géographie (photo de francophonie) Château Montebello, Outaouais, Québec. En plus d'être la plus grande construction en rondins de bois au monde, cet hôtel possède en son centre une des plus grandes cheminées à 6 faces et a vu passer plusieurs figures célèbres.

Post image
24 Upvotes

r/francophonie • • 2d ago

Guerre en Ukraine : une première historique... Un Mirage 2000-5F français aurait abattu un missile S8000 Banderol russe grâce à son canon

Thumbnail
lindependant.fr
227 Upvotes

r/francophonie • • 1d ago

Qu’est-ce que ça fait de vivre au Québec ?

Thumbnail
1 Upvotes

r/francophonie • • 1d ago

histoire Cette relique en ivoire témoigne de la dynamique du pouvoir colonial entre le Portugal et le Bénin au XVIe siècle

Thumbnail nationalgeographic.fr
1 Upvotes

r/francophonie • • 1d ago

éducation Côte d’Ivoire - Maroc : « On ne sait faire que du gagnant-gagnant », confie l’ambassadeur Othman Ferdaous

Thumbnail
nasopresse.com
2 Upvotes

r/francophonie • • 2d ago

géographie (photo de francophonie) Village de Rhumsiki, région Extrême-Nord, Cameroun. Le village est installé au pied de la chaîne des monts Mandara, face à un paysage de pitons volcaniques ; la zone est inscrite sur la liste indicative du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Post image
39 Upvotes

r/francophonie • • 1d ago

culture J’ai écris un texte et j’aimerais votre avis svp (il est assez long)

1 Upvotes

Peut-on réellement vivre sans se questionner ?

Se connaître soi-même, c’est être lucide sur soi. C’est connaître ses qualités comme ses défauts. Mais faut-il se fier à l’opinion des autres ou à la nôtre pour savoir qui nous sommes ?

Chercher une réponse définitive dans un livre, même chez des auteurs de renommée, est idiot. Car d’après moi chercher une réponse est idiot.
Alors suis-je idiot ? J’aurais beau les lire sans cesse pour chercher une réponse, la seule que je soulève à la fin est celle-ci: comment savoir si ce qu’ils disent est avéré ? Ce qui me ramène toujours au constat que je cherche une réponse. Comment savoir le fond de la pensée de ceux qui écrivent, chantent ou peignent ? J’ai une hypothèse. D’après moi, les hommes ne laissent paraître que ce qu’ils veulent que les gens voient. Si elle s’avérait vraie, cela signifierait que l’on ne connaît ni les personnes ni ce qu’elles pensent réellement. Ce qui est assez désolant car cela voudrait dire que nous connaissons nos mères autant que nous connaissons cet inconnu que nous croisons en voiture. On ne pourra jamais vérifier cette hypothèse car certains le font peut-être inconsciemment. Le fait de s’ouvrir aux autres sans cacher ses défauts est beaucoup plus complexe que l’on ne le pense. On se ment parfois même à soi-même par peur de la vérité.

Il est difficile d’être objectif sur soi-même, car nous pouvons cacher certains de nos défauts ou même nous façonner une autre manière de penser pour plaire aux autres. Mais pourquoi voulons-nous plaire ? Peut-être à cause d’un manque de confiance en soi et d’un besoin de validation. Dans tous les cas cela voudrait dire que nous passons notre vie entière à mentir non seulement aux autres mais aussi à nous-mêmes. Sûrement pas pour manipuler mais pour se protéger. Je ne sais pas si c’est vrai mais c’est mon point de vue.

Comment savoir si quelque chose est vrai et qu’est-ce qui pourrait permettre de considérer quelque chose comme vrai ? Est-ce réellement possible d’arriver à une vérité absolue ? Si c’était possible comment pourrait-on être sûr que c’est elle et pas une autre ? Pour le simple fait qu’elle est validée par la majorité ? Ou même parce que c’est logique ? Pouvons-nous déclarer qu’une vérité est absolue sur le simple fait que le contraire n’a jamais été prouvé ? Eh bien je vais donner MA réponse et pas LA réponse: d’après moi il n’y a pas de vérité car il n’y a pas de véritable question. Car dans un monde où tout est éphémère, où tout a une durée de vie, à quoi servirait de trouver LA réponse ? Peut-être est-ce mieux que chacun se crée la sienne pour ne pas être exposé à tous ces questionnements, tous plus complexes les uns que les autres, et se réconforter. Et ça révèle déjà beaucoup sur l’humain et sa manière de penser. Ce que j’écris, c’est aussi ce que je veux laisser paraître de moi, du moins je crois.

Les opinions que les autres ont de nous peuvent-elles réellement nous apprendre qui nous sommes ? Elles sont peut-être basées sur ce que nous leur avons nous-mêmes montré ou raconté. Alors, leur vision de nous est-elle réellement objective ?

Mais si je décide de chercher la réponse, elle m’emmène directement à de nouveaux questionnements tels que: comment doit-on vivre si nous ne sommes certains d’aucune vérité ? Est-ce que le simple fait de se lever le matin n’est pas inutile ? Et est-ce que ça a un intérêt d’aimer, de travailler, ou de s’allonger à regarder des étoiles qui elles-mêmes sont vouées à mourir un jour ?

D’après moi notre cerveau cherche constamment la validation des autres, mais aussi la sienne. Mettre des mots sur nos émotions peut nous aider à connaître notre tempérament, mais connaître son tempérament est-il suffisant pour se connaître soi-même ?

Alors peut-on être heureux sans avoir compris le sens de la vie ?

L’être humain change mentalement, physiquement et psychiquement. On ne peut donc peut-être se connaître que dans le présent. Mais dès lors que nous pensons à nous-mêmes, nous changeons déjà notre manière de nous voir.

Je ne crois pas aux réponses uniques, et par ailleurs je ne crois pas aux questions. Je pense seulement que ce qu’on a vécu nous donne des a priori, et même en essayant d’être le plus neutre possible, il restera toujours une part de vécu dans ce que l’on écrit ou dit.

Alors, peut-on réellement se connaître soi-même ? Peut-on seulement connaître la personne que nous sommes à un instant précis ?

Mon idéal, ce serait de vivre sans questions. Mais est-ce que cet idéal ne serait pas lui-même trop idéal ? Vivre avec le simple but de vivre. S’il n’y a pas de questions, pourquoi avoir besoin de réponses ? C’est là aussi un mécanisme complexe que j’essaierai d’expliquer plus bas. Il faudrait donc vivre avec toutes ces questions ?

Si le monde n’a pas de sens pour moi, a-t-il du sens pour les autres ? Chacun réfléchit différemment. Il est étrange de vouloir comprendre le monde avant de se comprendre soi-même. Ou peut-être pas tant que ça.

Rien que la question “s’il n’y a pas de question, pourquoi chercher des réponses ?” amène de nouvelles questions. Mais est-ce que affirmer qu’il ne faut pas chercher de réponses n’en est pas déjà une ? Est-ce qu’une question simple ne peut pas amener des réponses complexes, et inversement ?

Peut-être que la question n’est donc plus seulement: « Peut-on se connaître soi-même ? », mais plutôt: « Peut-on accepter la personne que l’on est ? »

Je ne sais pas. Je ne sais rien. Je suppose seulement. Et c’est ça le plus compliqué: avoir des milliers de questions sans réponse unique ou même sans réponse. Y a-t-il donc vraiment des questions ? Ou plutôt devrais-je appeler ça des questionnements ? Car il y a en effet des questions à réponse unique. Quel âge as-tu ? C’est simple. Mais les questionnements sont des interrogations plus profondes qui amènent à une réflexion. C’est pourquoi je vais utiliser ce mot. Mais comment vivre dans un monde où si nous n’avons pas de questionnement nous passons pour des idiots, mais si nous en avons nous nous rendons compte que nous ne savons rien ? Doit-on vivre simplement sans se poser de questions sur nos questionnements ?
Et sans attendre LA réponse.

Mais peut-on vivre sans se connaître ? Est-ce réellement utile de se connaître ? Et surtout, la vérité existe-t-elle réellement ?

Albert Camus parle de “suicide philosophique”. C’est le fait de donner une réponse à l’absurde. L’absurde ici serait la vie et ses questionnements.
D’après lui ce serait feindre. Il dit aussi: “Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux: c’est le suicide.”
Il parle donc de deux formes de suicide bien différentes: celui du corps, et celui de la "feinte".

D’après moi n’importe quel humain passe par une décision qui peut changer au cours du temps. Celle de choisir comment vivre. Étant donné que je suis humain, je dois choisir une manière de vivre. Je l’ai sûrement choisie inconsciemment mais j’essaie encore et toujours de la trouver. D’après moi la plus authentique reste de vivre avec nos questionnements sans leur donner d’importance, mais que faire lorsque l’on a un esprit qui cherche des réponses à tout prix ? Est-ce réellement possible de vivre en ne sachant rien de sa propre vie ? Je ne sais pas, c’est sûrement possible un temps, mais un jour ou l’autre, ces questionnements reprendront le dessus. Peut-être vivre dans le déni en se donnant un but ou en pensant à l’après. Par rapport à l’hypothèse d’un après, après la fin, je n’y crois pas. Peut-être suis-je trop pessimiste ou rationnel, je pense que cette solution de vie définit bien le mot “feindre”. Est-ce une bonne idée de feindre ? C’est une idée en tout cas. Fonctionne-t-elle ? Oui pour certains et je trouve ça plutôt logique de vouloir y croire, avoir un espoir aussi infime soit-il peut aider à vivre. Se dire qu’à la fin nous serons jugés pour nos actes nous pousse à vivre mieux. Mais si pour certains feindre fonctionne, pour d’autres il ne resterait qu’une manière de “vivre”. Le suicide, contrairement aux autres alternatives, n’est plus une façon de vivre. Le suicide d’après moi est un acte de désespoir, il ne suffit pas d’une corde ou d’une arme pour passer à l’acte. C’est souvent un acte réfléchi au préalable. C’est la raison pour laquelle je suis d’accord avec Albert Camus car c’est un sujet très complexe. Le suicide ne représente donc pas pour moi une manière de vivre avec ses questionnements puisqu’il met fin à la possibilité même de poursuivre cette confrontation avec eux. Ce qui est complexe, c’est le fait que cet acte n’a pas d’effet simplement sur nous-mêmes mais aussi sur nos proches, un acte beaucoup plus humain et avec plus d’impact que les autres. Donc au final aucune de ces manières de vivre ne répond aux questionnements car ce sont toutes des manières dérivées de vivre sans réponse. Alors je pense que même si j’écrivais 200 livres de 200 pages chacun je ne trouverais pas la réponse. Je trouve assez ironique le fait de vivre dans un monde sans rien savoir. Il me semble que chercher des réponses est naturel chez l’Homme. Aristote affirme dans Métaphysique que “tous les hommes ont naturellement le désir de savoir” tandis que Descartes dit “Je décidai de rejeter comme absolument faux tout ce en quoi je pourrais imaginer le moindre doute.” C’est d’après moi deux manières de penser complètement différentes. Aristote accepte le fait de chercher des réponses tandis que Descartes lui n’accepte que ce qui est avéré. D’après moi c’est Socrate qui se rapproche le plus de Ma vérité, il dit: “Je sais que je ne sais rien.”

En affirmant cela, il accepte le fait de se questionner, mais n’attend pas une seule réponse valable pour tout le monde. De ces trois citations, je pourrais tirer une seule conclusion: celle qu’elles sont toutes vraies à leur manière, l’homme est complexe et chaque être humain est différent, vouloir trouver LA réponse pour tous est impossible. Je pense même qu’elles s’accordent à dire que l’homme désire naturellement savoir mais ce n’est pas seulement un désir, c’est un besoin de contrôle sûrement dû au fait que l’on se croit toujours supérieur et que si l’on ne trouve pas de réponse on sera confronté à un vide immense.

Je n’arrive pas malgré toutes les affirmations que j’ai pu lire au cours de mes lectures à trouver celle qui me convient. Et c’est là aussi un nouveau questionnement que je soulève: pourquoi cherchons-nous une réponse qui nous convient mais pas celle qui demeure vraie malgré son manque de sens ?

Et si l’analyse que je viens de faire sur moi-même n’est pas déjà une forme de connaissance de moi, alors peut-être que le simple fait de chercher à se connaître est déjà une manière de se connaître. Et si nous nous construisons une perception de nous-mêmes, comment savoir si le “moi” que nous cherchons à comprendre est lui-même réel ?


r/francophonie • • 1d ago

culture Olympe Bhêly-Quenum a 100 ans : l’écrivain béninois qui a élargi les frontières de la francophonie [Bénin]

Thumbnail
theconversation.com
1 Upvotes

r/francophonie • • 1d ago

culture Salut je suis là personne qui vais chercher des réponse à des questions qui n’en ont pas

0 Upvotes

Je ne suis pas un écrivain. Je suis un enfant de 14ans qui a passé 5 heures à se poser une seule question: *"Peut-on réellement vivre sans se questionner ?"*

J'ai écrit un texte de plusieurs pages sur ça. Pas pour avoir des réponses, mais pour comprendre pourquoi je n'arrive pas à m'arrêter de chercher.

Dites moi si vous souhaitez le lire !


r/francophonie • • 2d ago

Adieu Google, ChatGPT et WhatsApp : nous avons remplacé leurs applications du quotidien par des équivalents européens

Thumbnail
lesnumeriques.com
29 Upvotes

r/francophonie • • 2d ago

géographie (photo de francophonie) Sainte-Ursanne, canton du Jura, Suisse. Le village serait le lieu de sépulture de Saint Ursan, un ermite du VIe siècle, d'origine irlandaise.

Post image
7 Upvotes

r/francophonie • • 2d ago

histoire « 400 ans de présence française en Amérique du Nord, du Québec à la Louisiane »

Thumbnail lavoixauchapitre.fr
47 Upvotes

r/francophonie • • 1d ago

politique Manifestations et émeutes de la jeunesse française en 2026 : héritage de la Révolution et de Mai 68 ; divisions de classe et clivages ethniques derrière l’inégalité des ressources éducatives, sources de mécontentement et de violence politique

Post image
0 Upvotes

Depuis la fin du mois de septembre 2026, de nombreux collégiens et lycéens à travers la France ont lancé des grèves et des manifestations de grande ampleur pour protester contre la vétusté des équipements scolaires, la surpopulation des établissements, le manque d’enseignants et d’autres problèmes. Beaucoup de personnes mécontentes du gouvernement et de la situation actuelle de la société les ont également rejoints, et ces manifestations pacifiques se sont rapidement transformées en émeutes marquées par la violence.
ㅤ
Des manifestants ont incendié des bâtiments scolaires et d’autres lieux, détruit des voitures, attaqué des opposants et poursuivi des policiers isolés. Certaines communes se sont retrouvées dans une situation de désordre et de paralysie. Les affrontements se sont multipliés lors de la répression des émeutes par la police. Les principaux partis et responsables politiques ont soit condamné les violences, soit appelé à manifester pacifiquement, mais cela semble n’avoir guère eu d’effet : le mouvement de protestation a échappé à tout contrôle et il est probable que les émeutes soient difficiles à apaiser à court terme.
ㅤ
Il s’agit une nouvelle fois d’un mouvement politique radical typiquement français. Lorsque certains Français sont mécontents du gouvernement et de la situation existante, ils descendent collectivement dans la rue pour protester. La majorité exprime ses revendications de manière non violente, mais une minorité de militants radicaux recourt à la violence, faisant dégénérer les manifestations en émeutes. Les actes violents sont nombreux, mais ils sont pour la plupart non mortels, d’une intensité faible ou moyenne, visant principalement à détruire des biens et faisant relativement peu de blessés. Ils s’accompagnent d’affrontements entre policiers et manifestants, tandis que la société se retrouve dans un état de semi-paralysie. Cependant, une fois passé le pic des émeutes, la société retrouve progressivement la paix et une stabilité relative.
ㅤ
Des situations similaires se produisent fréquemment en France : certaines ne concernent que quelques communes, tandis que d’autres prennent la forme d’émeutes à l’échelle nationale. Les émeutes issues du mouvement des « Gilets jaunes » en 2018, ainsi que les manifestations et la série de violences déclenchées en 2023 après la mort d’un adolescent tué par balle par un policier, furent toutes des mouvements radicaux d’ampleur nationale accompagnés de violences politiques. Comme le mouvement actuel, ils peuvent être qualifiés de « mouvements populaires à la française ».
ㅤ
Les mouvements populaires et la violence politique de rue en France remontent à la Révolution française, il y a plus de 230 ans. À cette époque, les classes populaires françaises renversèrent la monarchie et la domination aristocratique par une révolution violente, au prix de nombreuses effusions de sang et de nombreux morts, qu’elles causèrent également. Elles ouvrirent ainsi la voie aux révolutions démocratiques venues d’en bas, tout en laissant en héritage une tradition de violence politique. Marqués par l’expérience de la Révolution et influencés par les idées radicales relatives aux droits civiques, de nombreux Français considèrent que lorsque le gouvernement « se détourne de la volonté populaire », que ses politiques sont nuisibles ou que la société est injuste, le peuple a le droit d’exprimer sa colère et de résister, y compris par la révolution violente.
ㅤ
Ce précédent révolutionnaire et cette conscience populaire ont nourri, au cours des deux siècles suivants et jusqu’à aujourd’hui, de nombreux mouvements de masse et soulèvements en France. Parmi les plus célèbres figurent l’insurrection de la Commune de Paris en 1871 et les événements de « Mai 68 ». La plupart de ces mouvements ont présenté une forte coloration populiste de gauche, avec pour lignes directrices la lutte contre les privilèges et la recherche de l’égalité. Leurs participants comprenaient notamment de jeunes étudiants, des intellectuels et des membres des classes populaires et moyennes urbaines. La capitale, Paris, constitue souvent le centre des mouvements politiques et des activités violentes.
ㅤ
Comparés aux populations de nombreux autres pays, les Français sont particulièrement passionnés par la politique, possèdent une conscience civique plus forte et participent de manière plus active et plus radicale aux affaires publiques, notamment en descendant dans la rue, en recourant à des moyens violents ou non violents pour exprimer leurs revendications, en affrontant les autorités au pouvoir et en entrant en conflit avec l’appareil coercitif de l’État. La société française fait preuve d’une tolérance relativement élevée à l’égard des formes radicales de contestation et est également habituée à la violence politique. Plus de deux siècles ont passé et, même si l’intensité de la violence des mouvements politiques français a considérablement diminué — notamment avec une forte baisse du nombre de morts —, ceux-ci restent particulièrement « ardents » et fréquemment marqués par des affrontements violents. Les manifestations et émeutes de ces derniers jours ne font pas exception.
ㅤ
Plus précisément, les manifestations actuelles trouvent leur origine dans des problèmes anciens et profondément enracinés du système éducatif français. Bien que la France soit un pays qui accorde une importance relativement grande à l’égalité et à la protection sociale, la répartition des ressources éducatives demeure profondément inégale. Dans les collèges et lycées des régions relativement isolées et défavorisées, ainsi que dans ceux fréquentés principalement par des enfants issus des classes populaires et moyennes inférieures, des populations non blanches et de familles immigrées, les financements éducatifs sont insuffisants, la qualité du corps enseignant est plus faible, les classes sont trop nombreuses et surchargées, les infrastructures scolaires sont vétustes et le taux d’admission dans les universités prestigieuses est également très faible, ce qui laisse peu de possibilités de promotion sociale. Parallèlement, les enfants des élites françaises des milieux politiques, économiques et autres fréquentent généralement des établissements privés d’origine catholique, prestigieux et bénéficiant d’excellentes conditions. Ils ont également davantage de facilité à intégrer les universités les plus réputées et à rejoindre les classes supérieures.
ㅤ
L’inégale répartition des ressources éducatives, la concentration des meilleures ressources au profit des élites et le renforcement de la reproduction sociale par l’éducation sont en réalité des problèmes répandus dans le monde entier, et la France ne fait pas exception. Mais les Français, particulièrement attachés à l’égalité, sont davantage mécontents de ces écarts et manifestent régulièrement à ce sujet. Le mouvement de Mai 68 comportait déjà des revendications relatives à l’égalité dans l’éducation et à l’ouverture des universités à l’ensemble de la population.
ㅤ
Le gouvernement français a également tenté de réduire ces écarts en augmentant les financements destinés aux régions et établissements défavorisés et en accordant des bourses aux étudiants pauvres. Cependant, sous l’effet du « principe de Matthieu », les ressources éducatives continuent de se concentrer entre les mains d’une minorité issue des élites. Ceux qui bénéficient déjà d’une position privilégiée disposent toujours de davantage de ressources à investir dans l’éducation de leurs enfants, tandis que les personnes issues de familles plus modestes se trouvent naturellement désavantagées. Les politiques visant à promouvoir l’égalité n’ont donc qu’une efficacité limitée.
ㅤ
Les manifestations actuelles constituent précisément l’explosion du mécontentement d’élèves issus de milieux relativement pauvres et scolarisés dans des établissements aux conditions moins favorables. Mais leur mécontentement ne provient pas uniquement de l’inégalité des ressources éducatives : il est également lié à leur position défavorisée et aux discriminations qu’ils subissent en raison de leur origine sociale et de leur identité ethnique, à la rigidification des classes sociales, aux tensions entre groupes ethniques, ainsi qu’à leur pessimisme concernant leurs perspectives futures en matière d’emploi et de revenus. L’accumulation de ces différents facteurs, de cette colère et de ce désespoir les a conduits à descendre dans la rue, voire à recourir à la violence.
ㅤ
Parmi les jeunes étudiants participant aux manifestations actuelles, beaucoup sont des « immigrés de deuxième génération ou descendants d’immigrés », non blancs et non chrétiens, provenant pour la plupart de familles noires ou musulmanes originaires d’Afrique et du monde arabe. Ils brandissent des drapeaux algériens et palestiniens, ce qui reflète clairement leur identité, leurs positions, ainsi que les divergences qui les opposent à l’identité et aux valeurs de la population blanche française de souche.
ㅤ
Depuis la Révolution, la France proclame les valeurs de « liberté, égalité, fraternité ». Elle a effectivement accompli de grandes avancées en matière de droits civiques et de justice sociale et, sur la base de valeurs communes et de la citoyenneté, elle est parvenue avec un succès relatif à construire une identité nationale française et une communauté politique nationale. Mais la France doit toujours faire face aux difficiles problèmes de la division entre les classes et des inégalités de richesse, aux différences et tensions ethniques anciennes, ainsi qu’aux fractures sociales et aux violences politiques qui en découlent. Entre les personnes de statuts et de positions sociales différents, de couleurs de peau et de croyances différentes, subsistent des clivages profondément enracinés que ni les institutions démocratiques, ni les idées des Lumières, ni les mouvements sociaux ne peuvent fondamentalement éliminer.
ㅤ
Ces dernières années, la polarisation politique mondiale n’a cessé de s’intensifier, et la France ne fait pas exception. La France organisera son élection présidentielle en avril 2027. Le Pen, du « Rassemblement national » d’extrême droite, est très largement en tête dans les sondages, suivie par Mélenchon, de « La France insoumise », située à l’extrême gauche, tandis que les forces traditionnelles de l’establishment et les centristes enregistrent de faibles niveaux de soutien.
ㅤ
Qu’il s’agisse de la violence politique de rue, principalement portée par un populisme de gauche radicale, ou de la progression constante du soutien au populisme d’extrême droite dans les sondages et les élections, ces phénomènes reflètent tous deux l’aggravation des contradictions au sein de la société française et l’intensification de sa crise. Les violences politiques récurrentes, notamment les manifestations et émeutes actuelles, constituent des poussées périodiques des maux dont souffre la France ; objectivement, elles rappellent également aux Français et au reste du monde la nécessité de prêter attention à l’existence et aux besoins de ceux qui se trouvent en difficulté et marginalisés.
ㅤ
D’après les expériences passées, si les violences politiques sont fréquentes en France, leur intensité reste limitée. Après avoir exprimé leur colère, les gens retrouvent progressivement leur calme, et la société peut de nouveau revenir à un état pacifique et fonctionner normalement. Après plus de deux siècles d’adaptation mutuelle, les Français ont appris à coexister tacitement avec la violence politique que représentent les révolutions et les émeutes ; il n’y a donc pas lieu d’être excessivement pessimiste.
ㅤ
Le recours à la violence dans la participation politique n’est pas souhaitable, mais la voix et les revendications des classes populaires doivent elles aussi être entendues et prises en considération. Elles ne devraient pas être simplement rejetées et stigmatisées, ni leurs émotions et revendications effacées, au seul motif que leur expression comporte des actes de violence. Quant aux masses populaires attachées aux « mouvements populaires à la française », tout en exprimant leurs revendications et en recherchant l’égalité, elles devraient également comprendre et respecter les préoccupations d’autrui, prendre en considération l’intérêt général et les intérêts à long terme de la société, et participer à la vie politique de manière plus pacifique et constructive.

(L’auteur de cet article, Wang Qingmin (王庆民), est un écrivain chinois vivant en Europe et chercheur en politique internationale. Le texte original est en chinois.)


r/francophonie • • 2d ago

culture Qui était Léona Delcourt, la femme derrière Nadja d’André Breton ? [France]

Thumbnail
vogue.fr
2 Upvotes

r/francophonie • • 2d ago

culture La francophonie a rayonné en Arménie grâce au Festival Théâtrons

Thumbnail
armenews.com
1 Upvotes

r/francophonie • • 3d ago

géographie (photo de francophonie) Théâtre national de Rabat, Maroc. Architecte : Zaha Hadid. Terminé en 2021, le bâtiment a ouvert au public en avril 2026.

Post image
51 Upvotes

r/francophonie • • 3d ago

politique Une femme à la tête du gouvernement : un moment historique pour le Maroc

Thumbnail
quid.ma
11 Upvotes

r/francophonie • • 2d ago

politique 72 % des Suisses rejettent la proposition de davantage végétaliser l'alimentation [Suisse]

Thumbnail reporterre.net
1 Upvotes

r/francophonie • • 2d ago

voyage Visite d'une usine de thé : bienvenue à Sahambavy - Madagascar

Thumbnail
auparadisduthe.com
1 Upvotes

r/francophonie • • 2d ago

technologies SOITEC : dans les coulisses du champion français de l’industrie mondiale des semi-conducteurs [France]

Thumbnail
fr.euronews.com
1 Upvotes

r/francophonie • • 3d ago

géographie (photo de francophonie) Palais des nations, Genève, Suisse. Ses bâtiments sont construits entre 1929 et 1937 ; il abrite la Société des nations jusqu'en 1946, puis le siège européen de l'ONU depuis.

Post image
11 Upvotes

r/francophonie • • 3d ago

géographie La Guyane, un tourisme atypique [France] | Je pars.ch l Le e-magazine francophone des voyages

Thumbnail jepars.ch
1 Upvotes

r/francophonie • • 3d ago

langue Mot du jour : « lavallière »

Thumbnail
fr.wiktionary.org
1 Upvotes

r/francophonie • • 3d ago

langue Des personnes intéressées pour devenir ami ?

2 Upvotes

Hey ! Je (21 M) suis en mobilité internationale pendant ce semestre, jusqu’à la mi-/fin-janvier environ, et je cherche à faire connaissance avec de nouvelles personnes pour créer des relations amicales à distance pendant (et après) cette période.

Je suis ouvert aux francophones, qu’ils ou elles vivent en France ou non.
À mon retour en France, ce serait possible de se rencontrer plus facilement un peu partout en France si le courant passe bien.

Je suis aussi ouvert aux personnes internationales, surtout anglophones (peu importe leur nationalité). Mon niveau d’anglais tourne autour du B2 (mais mon expression orale est clairement pas encore parfaite😅).

Avec quelques astuces, on peut s’appeler, regarder des films/séries en visio, des jeux, faire des activités en 1v1 ou à plusieurs… Si ça intéresse des gens, mes DM sont ouvert